Les motards franciliens sont parmi les plus chanceux de l'Hexagone. Non pas parce qu'ils ont l'immense privilège de partager leur chemin de croix quotidien avec des millions de condisciples ayant choisi la voix du confort et de la sécurité (je veux évidemment parler des automobilistes), ni parce qu'ils ont pour seul terrain de jeu des voies rapides péri-urbaines dont les virages les plus serrés sont les bretelles d'accès au périphérique, ou encore parce qu'ils peuvent profiter d'une densité de cinémomètres que le monde entier leur envie.
Non, ils sont privilégiés dans le sens où, lorsqu'ils ont envie de se défouler, ils peuvent le faire presque librement sur un des rares circuits français ouvert au public toute l'année : le circuit Carole. Situé sur la commune de Tremblay-en-France, dans le nord-est parisien, pas très loin de Roissy, ce ruban de bitume de 9 mètres de large et un peu plus de 2 kilomètres de long est en effet accessible toute la semaine pour 15 euros de l'heure (comparez-ça avec le prix d'une session de karting ....), et gratuit les vendredi, samedi et dimanche !
Lorsque que le soleil est au rendez-vous le spectacle est autant dans le paddock et les "tribunes" que sur la piste. C'est un mini-salon de la moto tous les week-ends, les plus fiers exhibant leur R1 full power flambant neuve avec-ras-de-roue-et-jantes-chromées , leur blouson Dainese floqué au nom de leur pilote préféré, ou leur copine siliconée, juchée sur le strapontin arrière de leur sportive, le string dépassant plus ou moins fortuitement du jean. Chacun y va de son commentaire sur les prestations des pilotes en piste, certains dégainant pour l'occasion leur reflex numérique pour immortaliser le passage dans le "pif-paf" de leur pote Jéjé.
Mais ces apprentis commentateurs hésitent souvent à se lancer, malgré des conditions d'accès peu restrictives : il suffit de se présenter avec des papiers en règle, au minimum un blouson de cuir, un intégral, un jean et des chaussures montantes, et une moto "homologuée" et en bon état de fonctionnement. En clair vous pouvez y aller en sortant du boulot ...
Une fois que vous vous êtes décidé à faire un galop d'essai, il vous faut choisir : soit le week-end comme le gros de la troupe, avec des niveaux très hétérogènes, les risques inhérents et les chutes qui ponctuent l'après-midi, soit en semaine, au milieu des pilotes (les vrais) qui préparent leur prochaine compétition, et vous doublent dans la ligne droite avec 50 km/h de mieux. Une fois les dernières appréhensions évanouies, c'est simple : première, seconde, troisième, mettez du (gros) gaz, essayez de ne pas lâcher la 500 CB qui vous nargue et attendez que votre genou vienne naturellement au contact du bitume :-)
En attendant que je vous expose dans un prochain billet les principes élémentaires qui permettent de s'en sortir sans bobos et en y prenant beaucoup de plaisir, vous pouvez aller jeter un coup d'oeil sur le site du circuit : http://www.circuit-carole.com