Par Eric Cabrol,
vendredi 29 septembre 2006 à 11:32 ::Blogo
Pierre Assouline, à propos du roman Les Bienveillantes de Jonathan Littell, two points :
Le bouche-à-oreille demeure la clef du succès. Il n'y a que les imbéciles pour croire au "marketing littéraire". L'édition est un métier de joueur. On ne sait jamais rien du sort d'un livre. Dans ce domaine la, tout prévisionniste est un plaisantin. Au départ, ce livre avait tout contre lui : un premier roman d'un auteur totalement inconnu, traitant d'un sujet morbide et rebattu en près de mille pages bien tassées sans aération aux prix de 25 euros... De quoi pousser au suicide un as du marketing et lui faire comprendre, avant d'expirer, qu'un vrai succès littéraire ne se prémédite pas. Ce sont des aventures comme celles que vit "Les bienveillantes" qui font tout l'intérêt de ce métier depuis qu'il existe, et de la vie de lecteur.
I have met quite a few horse lovers. My local area is full of them. They are all women.
So what is up with women and horses?
Women generally don’t enjoy activities that involve dirt, mud, hay, flies, bad odors, and huge piles of feces. I realize I’m stereotyping here, and some of you women will write in to say how much you enjoy rolling in dung. But on average, men and women enjoy different activities.
For example, if you said to both men and women, “Why don’t you stick your head up a cow’s ass and see if you can yell MOO loudly enough so it comes out of the cow’s mouth?” most women would say no thanks while most men would wonder if it would work. To be fair, most men would eventually say no too, but a few would try it before going off to watch Jackass II on Imax.
Par Eric Cabrol,
jeudi 28 septembre 2006 à 16:49 ::Pro
Fin de semaine dernière.
Mon client : "oui, alors bon, on a pensé à toi pour une mission, là, ton profil correspond bien et ça serait dommage que tu partes, on a quelqu'un qui s'en va et il faudrait le remplacer pour finir de valider les procédures de dimensionnement en <mbip> sur les projets."
Moi : "ma foi, faut voir, ca serait un nouvel outil, dans un contexte un poil différent, pourquoi pas ?"
Mon client : "ton employeur ne t'a pas contacté pour te proposer une autre mission ? Tu n'es pas engagé ailleurs ?"
Moi (narquois) : "à une semaine de l'échéance ? Non, c'est beaucoup trop tôt ..."
Mardi (avant-hier, donc).
Mon client : "bon, on pensait que ça pourrait se faire vite, tout était prêt de notre côté, mais l'acheteur a décidé d'intervenir et de relancer une consultation. <Mbiiip> et <Mbiiiip> seront dans la boucle, nous on dira évidemment que c'est l'offre de <Mbiiip> qui nous convient le mieux, mais ça prendra un peu de temps. Et il faut encore que l'acheteur accepte ..."
Moi (narquois) : "ah, tiens, c'est rigolo. C'est un nouveau moyen pour faire perdre gagner du temps à l'entreprise, c'est ça ?"
Mon client (langue de bois) : "bah, il fait son boulot."
Nota #1 : ça m'a été initialement présenté comme un truc un peu urgent, en plus.
Nota #2 : à 24 heures de l'échéance de mon contrat, je n'ai toujours aucune nouvelle de mon commercial. En fait ça m'amuse plus que ça ne me désole. En tout cas, lundi je ne suis plus là. Todo : nettoyage du disque dur, envoi maison (merci dl.free.fr ...) de toutes les merdes accumulées depuis x années. Lundi je me pointe au siège de <Mbiiip> sans prévenir, suis curieux de voir quelle tête ils vont faire ...
Par Eric Cabrol,
jeudi 28 septembre 2006 à 10:42 ::Deportivo
Moto GP : à six grands prix de la fin de la saison, Rossi avait 51 points de retard sur Hayden, et lui-même pensait que ça allait être très difficile. Il reste maintenant deux GP, et il n'a plus que 12 unités de retard. Les points attribués aux 4 premiers étant respectivement 25, 20, 16 et 11, il faut qu'Hayden finisse au pire collé aux basques de Rossi pour ne pas voir échapper un titre qui lui tendait les bras.
WRC : en parlant de bras et de titre, c'est Loeb que ça doit faire rire jaune. Lui qui compte 35 points d'avance sur Gronholm à quatre rallyes de la fin (10 pts au vainqueur, 8 au second, sachant que ce sont quasiment les seules places qu'ils aient occupé de la saison, tant ils sont des années-lumières au-dessus des autres), et à qui il ne manque donc que 5 points pour être titré, vient de se faire une quadruple fracture de l'humérus en VTT. On ne peut pas être bon partout ... Il est évidemment forfait pour le prochain rallye en Turquie, mais on n'a pour l'instant aucune info sur sa date de reprise prévue. Le rallye de Nouvelle-Zélande ayant lieu mi-novembre et celui de Grande-Bretagne début décembre, ça devrait quand même être bon.
Echecs : le championnat du monde a débuté en fin de semaine dernière, organisé par la république de Kalmoukie. Vous ne connaissiez pas ? Moi non plus. Wikipedia nous dit que c'est une république de l'ex-URSS se situant côté "européen" (à l'ouest de l'Oural), bouddhiste et de langue mongole. Pourquoi là-bas ? Parce que le président de la Kalmoukie est aussi le président de la FIDE, fédération internationale d'échecs. Ce championnat marque la réunification de deux titres qui coexistaient depuis une scission initiée par Kasparov en 1993, aboutissant à la création de la PCA (professional chess association). La rencontre qui a lieu ces jours-ci oppose donc Vladimir Kramnik, champion PCA en titre (après avoir battu Kasparov en 2000 notamment), à Vesselin Topalov, actuel champion FIDE. Kramnik est réputé pour la solidité de son jeu, Topalov pour sa flamboyance. L'opposition de style a donné lieu à de belles rencontres, les deux premières étant entachées d'erreurs sureprenantes de la part de Topalov, qui a notamment raté un mat en trois coups, et a fini par perdre ces deux parties. Après deux nulles, le score est aujourd'hui de 3 à 1 pour Kramnik. Le match se déroule en 12 parties, c'est donc le premier à 6.5 points qui l'emportera ... Les intéressés trouveront à peu près tout sur chessbase, y compris de quoi rejouer les parties avec les commentaires à côté. Et ça c'est top ... Autre source d'infos intéressantes, le blog de Susan Polgar.
PS : 304 pages vues hier, je crois que depuis que j'ai viré les robots du décompte ca doit être un record. Petit record, mais c'est mon record quand même. Lecteurs inconnus, et connus, bonjour !
Par Eric Cabrol,
mercredi 27 septembre 2006 à 14:53 ::Pro
La transition du taylorisme au post-taylorisme n'a manifestement pas eu lieu dans tous les secteurs (liberation.fr, le 25/09/2006):
"Contraintes ubuesques, pressions hiérarchiques, obsession du chiffre : de plus en plus de salariés éprouvent de la honte à devoir bâcler leur travail.
Antoine n'a pas changé d'entreprise. Ni même de bureau. Salarié d'une grande banque postale dans la région lilloise, il a pourtant le sentiment d'avoir totalement changé de travail. D'employé administratif, il est passé, dit-il, à «ouvrier spécialisé».
Celui qui suivait les dossiers clients «de A à Z» fait aujourd'hui du monotravail à la chaîne : 8,5 dossiers à l'heure. Interdiction, désormais, de prendre les clients au téléphone. Antoine doit se limiter à exécuter les ordres qui arrivent du front office, une plate-forme téléphonique où une armada de téléopérateurs répondent en 3 minutes chrono aux demandes des clients.
Aides-soignantes en sous-effectif, employés de pompes funèbres travaillant à la chaîne, téléopérateurs infantilisés, policiers et agents de préfecture soumis à la culture du chiffre (lire ci-contre), des salariés issus de métiers aussi divers ressentent aujourd'hui un malaise identique et impalpable : l'impression de mal faire son travail. Parfois jusqu'à la honte.
Dans les services, la taylorisation des procédures a standardisé une relation client à l'origine personnalisée. Pris entre deux feux contradictoires, les salariés de ce secteur doivent donner une réponse minutée à un public divers et demandeur d'un suivi individualisé. Plus largement, les certifications qualité qui envahissent les entreprises figent des méthodes de travail sans rapport avec la réalité du terrain."
François Daniellou, professeur universitaire spécialisé en ergonomie :
"Il n'y a jamais eu autant de démarches qualité, et jamais autant de salariés n'ont eu le sentiment de faire du mauvais travail."
C'est marrant parce qu'au quotidien, je vis en fait exactement la situation inverse. L'absence de capitalisation des compétences accumulées par les prestataires, le manque de communication d'un projet à l'autre, ou entre les projets et le métier, la réticence des gens du métier à partager leur savoir avec des prestataires qui ne seront peut-être plus là le mois prochain (voire partis chez les concurrents), font régner un flou formidablement artistique sur les méthodologies de travail.
Des procédures qualité ? Nenni.
Ce ne sont pas les contraintes qui sont ubuesques, c'est le manque d'homogénéité, de normalisation. Ce n'est pas moi qui vais me plaindre de trouver un cadre de travail particulièrement souple, mais de la souplesse au laxisme il n'y a parfois qu'un demi-pas ...
Par Eric Cabrol,
mardi 26 septembre 2006 à 18:12 ::Politico
Hugo Chavez, le 20 septembre 2006, lors d'un discours prononcé sur le sol américain lors de la 61è assemblée générale de l'ONU (traduction par Questions Critiques) :
Noam Chomsky, l'un des Américains et des intellectuels du monde les plus prestigieux, Noam Chomsky, et ceci est l'un de ses tout derniers ouvrages, "L'hégémonie ou la survie : La stratégie impérialiste des Etats-Unis". C'est un excellent livre qui nous aide à comprendre ce qui s'est passé dans le monde au cours du 20ème siècle, sur ce qui se passe aujourd'hui et sur la plus grande menace qui plane sur notre planète.
Il a été publié en anglais, en russe, en arabe et en allemand. Je pense que les premiers qui devraient le lire sont nos frères et nos sœurs des Etats-Unis, parce que la menace se trouve exactement dans leurs propres foyers.
Le diable s'est introduit chez eux. Le diable, le diable lui-même, est dans leur maison.
Et hier, le diable est venu ici. Ici, le diable est entré. Juste ici. (Il fait le signe de croix). Et ça sent encore le soufre aujourd'hui. Hier, Mesdames et Messieurs de cette tribune, le président des Etats-Unis, le monsieur que j'appelle le Diable, est venu ici parler comme s'il possédait le monde entier. Vraiment. Comme s'il était le propriétaire du monde.
Je pense que nous pourrions appeler un psychiatre pour analyser la déclaration que le président des Etats-Unis a faite hier. En tant que porte-parole de l'impérialisme, il est venu pour faire partager ses remèdes de charlatan afin d'essayer de préserver le modèle actuel de domination, d'exploitation et de pillage des peuples du monde.
Comme Chomsky le dit (dans son livre) de façon claire et détaillée, l'empire américain fait tout ce qu'il peut pour consolider son système de domination. Et nous ne pouvons pas lui permettre de faire cela. Nous ne pouvons autoriser que la dictature mondiale se consolide.
Même si je me garderai bien d'accorder crédit et sympathie à Chavez uniquement pour ce genre de sorties, j'aime bien ces moments de courage et de provocation, surtout dans des univers aussi policés que peut l'être le monde politique.
P.S : au moment où j'écris, le livre de Chomsky est en deuxième position dans la liste des best-sellers sur amazon.com. Magistrale promo.
Par Eric Cabrol,
mardi 26 septembre 2006 à 15:03 ::Ego
Vendredi à dimanche : escapade motocycliste en pays de Sault, au pied du Ventoux -1800 kms, étapes gastronomiques comprises.
Dimanche soir : célebration d'anniversaires formule "3 en 1" - les âges cumulés doivent dépasser le siècle.
Lundi midi : squash - quatre sets gagnés, un set perdu.
Lundi soir : escalade - les parois ont gagné.
Halte aux cadences infernales.
Par Eric Cabrol,
jeudi 21 septembre 2006 à 14:09 ::Deportivo
Et voilà, je suis contaminé. Suis passé chez Decalethon hier soir pour m'équiper en bonne et due forme (après deux tentatives chez Goth Sport il y a quelques jours - je peux maintenant le dire : Goth Sport ne vend pas de matos d'escalade) : baudrier, chaussons, sac à pof, boules de geisha magnésie, huit, mousqueton ...
Tout ça à cause de deux séances en salle. La première au cours de laquelle j'ai découvert des muscles dont je ne soupçonnais même pas l'existence, et où j'ai eu confirmation de ma légendaire souplesse, et la seconde qui m'a permis, mû par une force assurément divine, de passer une voie côtée 5b que même pas je sais comment j'ai fait. Sans tricher, en plus.
Prochaines étapes : se muscler les avant-bras (pour s'en servir le moins possible), maigrir, apprendre à respirer, essayer de passer un surplomb, et sortir dans la nature.
Apprendre à grimper, quoi.
S’il faut parler ouvertement d’une science matérialiste athée renforcée pour s’opposer à des sciences se voulant théistes, on ne doit pas hésiter à le faire. Le matérialisme scientifique athée peut estimer avoir encore les meilleures cartes en mains, car il hérite de toute la tradition rationaliste mondiale. Mais cet avantage ne durera pas, face à la montée des idéologies spiritualistes voulant s’incarner dans des sciences théistes.
Bonpourtonpoil, two points (là aussi, lire tout le billet il faut) :
Or, à l’époque, les gouvernements étaient très instables. On pratiquait la démocratie directe: lorsque le chef était contesté, on lui mettait un grand coup de gourdin sur le crâne, on l’offrait en sacrifice au premier tigre à dents de sabre de passage puis on s’élisait démocratiquement à sa place, directement, sans attendre 2007. Cela s’appelait un putsch, à cause du bruit que fait le gourdin quand il entre en contact avec la tête.
Quand je défends un voleur, je n'attaque pas le droit de propriété. Je n'approuve pas ses actions et ne blâme pas la société de tolérer qu'Untel possède plus que Telautre. Mais je le défends avec passion, et mets tout en oeuvre pour lui éviter une sanction disproportionnée – voire toute sanction si le dossier justifie une relaxe. Et tous les dossiers ne sont pas tous blancs ou tout noirs, surtout ceux que connaît la cour d'assises.
Par Eric Cabrol,
mardi 19 septembre 2006 à 14:53 ::Intello
Je n'ai pas une question ontologique à proprement parler, j'ai une question sur l'ontologie.
J'ai un rapport particulier avec ce mot. Une sorte d'incompréhension (une incompréhension fondamentale en fait), mêlée de frustration, de fascination (si tant d'intellectuels l'utilisent, et que je n'y pane rien, je rate forcément quelque chose, hein ?) ... Cette relation limite perverse a débuté en lisant la Politique du rebelle d'Onfray, auteur que j'avais découvert via son divertissant Antimanuel de philosophie. J'ai cependant vite dû me résoudre à reconnaître que j'avais ce faisant pété plus haut que mon sphincter : quand on doit lire un bouquin avec un dico encyclopédique ouvert presque en permanence à côté, c'est qu'on ne parle pas le même langage que l'auteur. Et pourtant, au milieu de tout ce savant verbiage, un mot est sorti du lot, souvent utilisé sous sa forme adjective d'ailleurs : ontologique.
Pourquoi lui et pas un autre ? Mystère.
J'avais l'impression, diffuse, que ce mot m'était familier et que je n'avais pas besoin d'en consulter la définition. Souvent parce que la phrase se comprenait fort bien même en faisant abstraction de sa présence. Puis j'ai ouvert mon dico. Puis j'ai googlé (tm). Et, franchement, j'ai beau faire tous les efforts du monde, je fais un blocage sur ce mot. Je ne le comprends pas.
En en le voyant ressortir dans un billet de Laurent Mauriac citant des propos de DSK, là je craque :
Le nucléaire pose des problèmes: la question des déchets, la sûreté des centrales. Mais nous en aurons encore besoin pendant de nombreuses années, avant que les énergies alternatives puissent prendre le relais. Pour certains militants écologistes, sa suppression est une question ontologique.
Une question fondamentale, essentielle, capitale, centrale, primordiale, j'aurais compris. Mais non. Ontologique. Pourquoi ? Pourquoi bordel ?
Hein ? D'ailleurs le dico de synonymes de l'université de Caen sèche comme moi :
Votre requête est : "ontologique" (ontologique). Il n'y a pas d'entrée correspondante dans le dictionnaire.
Votre requête est : "ontologie" (ontologie). Il y a un seul synonyme.
ontologie : métaphysique.
Métaphysiques mes bollocks ouais, lui non plus il sait pas.
Enfin voilà, cher lecteur érudit, toi qui te fussois égaré ici, qui connassûs la définition d'ontologeek, et sachiâsses me l'expliquer en termes profanes, je t'en prie, fais un geste pour moi.
Par Eric Cabrol,
lundi 18 septembre 2006 à 15:40 ::Info
Ainsi donc, un fork de Wikipedia serait en gestation. C'est bien une expression de geek, ça, tiens, histoire d'être certain que le public non bit-dépendant (j'hésite ... bitodépendant ? :)) sera condamné à demander à ceux qui savent :
"- Dis papa, c'est quoi un fork ?"
"- Tais-toi, prends ta fourchette, et mange ta soupe."
Donc en anglais, langue de geek par excellence, un(e) fork c'est une fourchette. Mais c'est aussi un embranchement (une fourche ...), un "projet dérivé" : Larry Sanger, considéré comme étant le co-fondateur de Wikipedia, est en train de monter un projet parallèle, intitulé Citizendium, avec pour objectif plus ou moins avoué de gommer un des principaux défauts de Wikipedia : l'absence de "certification".
Même les utilisateurs très occasionnels de Wikipedia ne sont pas sans savoir que la publication et la modification des articles y sont libres, c'est-à-dire accessibles à tout un chacun. Il suffit de s'enregistrer, mais on peut très bien ne fournir qu'un pseudo, pour ensuite y rédiger ce qui nous passe par la tête.
On peut donc voir Wikipedia comme un jus cérébral planétaire. Le résultat est la plupart du temps bluffant, aussi bien par l'étendue des sujets couverts que par la qualité de certains articles, qui n'ont rien à envier à des encyclopédies plus traditionnelles, avec sur les versions papier un avantage incontestable : la réactivité. Alors qu'on peste toujours parce qu'on n'a sous la main qu'un dico encyclopédique datant de 1988, la consultation de Wikipedia permet quasiment de savoir ce qu'a mangé le pape Benoit XVI la veille (si une chose est sûre c'est que ces derniers jours il n'a sûrement pas mangé un clown, mais bon ... ou alors un clown très pointu sur le second degré ...). Ca n'est pas toujours passionnant, même si je ne doute pas de la qualité des cuistots du Vatican, mais ça a le mérite d'être ludique.
Bref. Wikipedia c'est siouper (la preuve même votre serviteur y contribue), mais ça souffre évidemment des défauts de ses qualités : ce qu'on gagne en réactivité, en actualité, en "largeur", on peut légitimement s'attendre à le perdre en fiabilité (même si des études -académiques !- montrent que ce n'est pas si évident) et/ou en profondeur.
En fiabilité parce que si même votre grande tante polonaise peut écrire ce qu'elle veut sur la recette de la tarte aux pommes, et votre petit neveu disserter librement sur les sévices qu'il faut subir à son animal de compagnie préféré, il y a légitimement de quoi s'inquiéter. En pratique, pour l'instant (à quelques exceptions -connues ...- près), cela se passe pourtant plutôt bien ; le système semble "suffisamment" stable et apte à l'auto-correction, mais ce n'est de toute façon pas le lieu pour ce genre de débats. Les profanes les plus curieux pourront aller lire ceci, par exemple.
En profondeur parce que certains articles n'atteignent pas forcément, malgré toute la bonne volonté des rédacteurs, le niveau d'"expertise" que l'on pourrait attendre d'une encyclopédie.
Pour (tenter de) gommer ces défauts, Citizendium fait le pari du mariage de deux cultures : celle de l'open source, et celle du savoir "académique". La rédaction sera résevée aux contributeurs enregistrés (qui auront fourni nom, prénom et adresse mail valide), et encadrée par des "experts", nommés éditeurs dans le cadre du projet, dont le mode de sélection reste encore à éclaircir :
We want the wiki project to be as self-managing as possible. We do not want editors to be selected by a committee, which process is too open to abuse and politics in a radically open and global project like this one is. Instead, we will be posting a list of credentials suitable for editorship. (We have not constructed this list yet, but we will post a draft in the next few weeks. A Ph.D. will be neither necessary nor sufficient for editorship.)
Des connétables (lire "agents de police") seront enfin chargés de faire respecter l'ordre, en poursuivant les trolls, et, surtout, en ayant contrairement à ce qui se passe sur Wikipedia le moyen de les exclure :
The charter and rules will be enforced by "constables." In time, an effective and fair "legal" system will be established. It will be made up of people who are mature, well-educated, possessed of something of a legal mind, with a record free of major infractions, respected by their peers, and clearly committed to the community charter.
Constables will rapidly eject the project's inevitable, tiresome trolls, without going through a long, painful process of the sort Wikipedia suffers under--which it euphemistically calls its "arbitration" process. A fair and open system of clear rules will allow them to do.
Des règles justes et claires pour déterminer ce qui relève du troll ? Hem ... Heureusement la démocratie du système est assurée :
Decisions will, of course, be appealable.
Personne ne précise qui siégera à la cour d'appel ... :)
Pour l'instant le projet est supposé démarrer sur les bases du Wikipedia d'aujourd'hui, reprenant tels quels tous ses articles actuels (et par conséquent toutes les imprécisions qui vont avec :)). Petit à petit, Citizendium divergera et suivra son bonhomme de chemin. En tout cas, Spanger insiste sur le fait qu'il ne veut pas que son projet, qu'il ne souhaite d'ailleurs pas (encore ?) présenter comme une encyclopédie, devienne une Expertpedia.
Mes deux pennies sur le bidule :
je ne suis pas convaincu que le fait d'avoir à fournir un nom et une adresse mail soient suffisants pour éloigner les trolls. Puisque la charte ne parle pour le moment que de déclaration sur l'honneur, et qu'il semble hors de question d'exiger des justificatifs matériels, les trolls trouveront même peut-être une motivation supplémentaire dans l'idée d'aller polluer le projet le plus "restrictif"
intellectuellement, l'idée d'un système qui se régule naturellement plutôt que par la mise en place de pouvoirs exécutif et judiciaire me fait plutôt pencher en faveur de Wikipedia
quitte à changer de fusil d'épaule, je crois que je serais plus réceptif à un projet qui irait encore plus loin dans la démarche, et donc uniquement réservé à des experts. Quitte à souffrir des difficultés liées à leur désignation, mais ça ne serait sans doute pas pire que le mécanisme qui régule à ce jour la publication scientifique.
Pour ceux qui veulent tout savoir sur Citizendium, ça se passe ici.
A lire également sur le sujet, un long billet chez Modern Dragons.
Par Eric Cabrol,
lundi 18 septembre 2006 à 14:30 ::Info
Qui c'est qui aidera Thierry Breton à annoncer de joulis chiffres de croissance pour 2007 ? C'est Vista ! Comment ? En lisant à ce sujet la réflexion taquine de Louis Naugès sur la flexibilité de la notion de création de valeur. Si celle-ci se résume à mettre temporairement quelques dizaines de milliers d'informaticiens au boulot, uniquement pour la mise à jour d'un système d'exploitation, sans valeur ajoutée inhérente, on peut effectivement penser qu'on dispose là d'une solution toute trouvée au chômage : embauchons un million de sans emploi pour creuser des trous, et un autre million pour les reboucher.
C'est juste un peu dommage que Louis n'ait pas poussé plus loin la réflexion, en soulevant notamment la question que se poseront je l'espère tous les DSI : quelle valeur ajoutée attendre d'un passage à Vista ? Les dépenses liées ne seront engagées, sauf à tous les prendre pour des truffes, que si elles sont susceptibles de s'accompagner d'un gain de productivité ultérieur.
Est-ce envisageable ? C'est sur ce point là que l'on aimerait bien avoir des billes ...
Par Eric Cabrol,
samedi 16 septembre 2006 à 00:30 ::Bouquino
Dans la deuxième partie du livre, heureusement courte (page 130 à 169), les propos de Pinker se politisent nettement. C'est tout d'abord la gauche, qui domine la vie universitaire américaine dans les années 70, que Pinker accuse d'avoir nié l'importance (voire l'existence même) de la nature humaine parce que cette notion menaçait leurs idéaux moraux. On assiste ainsi à un règlement de comptes assez peu intéressant il faut bien le dire, au cours duquel Pinker prend la défense de Richard Dawkins et du biologiste E.O Wilson, auteur de l'ouvrage Sociobiology paru en 1975, contre les attaques de Richard Lewontin, Steven Rose et Stephen Jay Gould.
Puis c'est la droite qui en prend pour son grade, notamment les fondamentalistes chrétiens, que leur opposition à l'évolution ne peut que rendre encore plus hermétiques à l'idée d'une évolution de l'esprit. La charge de Pinker contre le créationnisme et l'intelligent design ne restera cependant pas dans les annales ...
Par Eric Cabrol,
vendredi 15 septembre 2006 à 22:57 ::Ethylo
A moi Glendronach, Ben Nevis, Arran. Demain, c'est le vizki live. Ca commencera sans doute chez Caol Ila pour goûter leur nouveau Unpeated, et après je ne sais même pas dans quel sens les prendre ... Uigeadail, Brora 30a, Lagavulin CS, toute la gamme Cragganmore, redonner sa chance à Macallan qui ne m'a jamais emballé, le Port Ellen évidemment qui sera forcément pris d'assaut, le Talisker 25a, les cask de Duncan Taylor, la gamme Signatory oeuf corse ... Et les américains, aussi, on ne sait jamais, sur un malentendu il y en a un qui peut me plaire ...
Bon, si jamais un lecteur aimant le ouisky se trouve au palais Brongniart, rendez-vous devant le stand Caol Ila à 14h05. Je serai facile à reconnaître, j'aurai un verre à la main. Gniarrhhh ...
Ou rendez-vous à 19h50 dehors. Je serai facile à reconnaître, je risque de ne pas marcher très droit.
Par Eric Cabrol,
vendredi 15 septembre 2006 à 16:21 ::Humeurs
"Je n'aspire par ailleurs pas à diriger qui que ce soit. Ce qui m'intéresse dans mon boulot, c'est la technique. Pas la gestion, ni la chefitude. Distribuer du boulot à d'autres, devoir contrôler leur boulot (et s'étouffer !), faire des plannings, des budgets, non, merci. Tout cela n'est pas mon boulot. Je suis un singe technique, pas un gestionnaire de mes burnes. Encore moins un commercial, ce qui explique pourquoi je ne peux pas être "à mon compte", solution qui exige de passer davantage de temps à faire de la gestion ou du "commercial" que son boulot proprement dit.
Autrement dit, je suis un boulanger qui sait faire du pain. De l'excellent pain. Mangez-en, vous verrez. Mais je ne sais ni sourire aux clients ni tenir la caisse. Ca, ça me casse les couilles. Moi, je suis bien derrière mon four."
Ca me rappelle quelqu'un. Je ne sais pas qui, mais quelqu'un.
En tout cas allez lire le billet complet, chez Swâmi.
Par Eric Cabrol,
vendredi 15 septembre 2006 à 11:50 ::Vrac
'tain c'est de pire en pire : "pilules pour réduire la consommation d'essence", dios mio, n'importe quoi. C'est bien parce que je connais beaucoup trop de belges (sympas, en plus, dingue ! Pis y'en a qui lisent, faudrait pas que je me fâche avec eux ... :) ) que je m'abstiendrai de faire un commentaire sur la nationalité du demandeur ... Donc la posologie c'est une pilule trois fois par jour, matin, midi et soir (donc trois pilules, ouais, faut pas la découper en trois), et votre moteur ne consommera plus du tout d'essence. Non, plus du tout, je vous le garantis. Je vous fais le premier flacon à 437 euros (je préfère les virements par Paypal), et si vous ne voyez pas de différence je vous rembourse. Promis, juré, tout ça.
Heureusement, si certains hommes régressent, les robots progressent : jump, jump !
Par Eric Cabrol,
vendredi 15 septembre 2006 à 00:43 ::Intello
"Tasmania is just an island of modest size, but it was the most extreme outpost of the most extreme continent, and it illuminates a big issue in the evolution of all human societies. Tasmania lies 130 miles southeast of Australia. When it was first visited by Europeans in 1642, Tasmania was occupied by 4,000 hunter/gatherers related to mainland Australians, but with the simplest technology of any recent people on Earth. Unlike mainland Aboriginal Australians, Tasmanians couldn't start a fire; they had no boomerangs, spear throwers, or shields; they had no bone tools, no specialized stone tools, and no compound tools like an axe head mounted on a handle; they couldn't cut down a tree or hollow out a canoe; they lacked sewing to make sewn clothing, despite Tasmania's cold winter climate with snow; and, incredibly, though they lived mostly on the sea coast, the Tasmanians didn't catch or eat fish.
The answer stems from the fact that Tasmania used to be joined to the southern Australian mainland at Pleistocene times of low sea level, until that land bridge was severed by rising sea level 10,000 years ago. People walked out to Tasmania tens of thousands of years ago, when it was still part of Australia. Once that land bridge was severed, though, there was absolutely no further contact of Tasmanians with mainland Australians or with any other people on Earth until European arrival in 1642, because both Tasmanians and mainland Australians lacked watercraft capable of crossing those 130-mile straits between Tasmania and Australia. Tasmanian history is thus a study of human isolation unprecedented except in science fiction ÷ namely, complete isolation from other humans for 10,000 years. Tasmania had the smallest and most isolated human population in the world. If population size and isolation have any effect on accumulation of inventions, we should expect to see that effect in Tasmania.
If all those technologies that I mentioned, absent from Tasmania but present on the opposite Australian mainland, were invented by Australians within the last 10,000 years, we can surely conclude at least that Tasmania's tiny population didn't invent them independently. Astonishingly, the archaeological record demonstrates something further: Tasmanians actually abandoned some technologies that they brought with them from Australia and that persisted on the Australian mainland. For example, bone tools and the practice of fishing were both present in Tasmania at the time that the land bridge was severed, and both disappeared from Tasmania by around 1500 B.C."
Par Eric Cabrol,
vendredi 15 septembre 2006 à 00:28 ::Vrac
Le 3 septembre 1967, à 5 heures du matin, les suédois, qui roulaient jusqu'alors à gauche, se sont mis à conduire à droite.
Pourquoi je parle de ça ? A cause de Pinker, encore (oui je suis en train de le relire), qui explique les raisons du conformisme culturel : il est souvent motivé par le besoin de partage, d'accès à l'information et à l'expérience d'un groupe. Mais il peut être évidemment justifié par de bêtes raisons pratiques, comme le côté de la chaussée que l'on emprunte ...
J'imagine bien le bordel logistique pour mettre en place une décision pareille. Mais bizarrement, du moins d'après wikipedia, il n'y a pas eu plus d'accidents les jours qui ont suivi ...
Par Eric Cabrol,
jeudi 14 septembre 2006 à 22:54 ::Bouquino
"Les gènes sélectionnés seront donc les égoïstes, selon la métaphore de Richard Dawkins - plus précisément, les mégalomanes, ceux qui font le plus de copies d'eux-mêmes."
"La mégalomanie des gènes n'implique pas que l'évolution ne peut pas produire la générosité et l'entraide, pas plus que les lois de la gravitation ne prouvent qu'elle ne peut produire le vol."
(Steven Pinker, Comprendre la nature humaine, p. 75)
Par Eric Cabrol,
jeudi 14 septembre 2006 à 14:33 ::Eco
Les foules sont-elles plus ou moins rationnelles que des individus isolés ? Plus ou moins aptes à organiser l'information ?
Les avis sur le sujet divergent (1, 2), ce qui n'est pas très étonnant selon que l'on considère par exemple le résultat obtenu par Wikipedia en quelques années, hors de portée d'un individu isolé (ce qui n'exclut pas de rester critique sur ses évidentes faiblesses), ou bien que l'on observe le comportement d'une foule qui panique, d'un groupe de hooligans, ou d'une cohorte de traders en pleine bulle financière (imaginez le bordel quand des hooligans débarquent dans une salle de marché ...).
Mais le fait qu'une foule puisse se comporter de manière apparemment irrationnelle n'est pas forcément incompatible avec l'hypothèse que les individus qui la constituent soient, eux, rationnels. C'est ce qu'essaie de montrer la chercheuse indienne Sitabhra Sinha dans ce papier d'éconophysique intitulé "The Apparent Madness of Crowds: Irrational collective behavior emerging from interactions among rational agents".
Son modèle lui permet entre autres de constater qu'un des facteurs "déstabilisants" tient en la tendance qu'a un individu (on parle d'acteur dans ce genre de modélisation) à se rapprocher des individus ayant le plus de succès dans son entourage, et à choisir de se laisser davantage influencer par ceux-ci (tout lien avec la formation de clusters dans la blogosphère n'est évidemment pas fortuit ...).
Par Eric Cabrol,
jeudi 14 septembre 2006 à 10:27 ::Rigolo
Ca faisait longtemps ...
Michael Schumacher n'est pas au bout de son braquage (si si, il vient d'annoncer sa retraite)
ou est la premiere vitesse sur une moto (ça dépend)
ducon renault (faut pas pousser, y'en a aussi chez les concurrents)
film de cul avec eric (hmmm, non, pas que je sache)
eric cabrol courbevoie ('tain ca y est, je suis repéré)
qui parle latin (ben les romains, c'te question)
Par Eric Cabrol,
mercredi 13 septembre 2006 à 18:43 ::Vrac
- Là où ça parle d'échecs et de programmation, souvent, ça parle aussi de dames. Non, pas de dames avec des porte-jarretelles, de dames sur un damier. Tiger Woods et Michael Schumacher (ils jouent peut-être aux dames aussi, mais là n'est pas le propos) peuvent aller se rhabiller : je viens en effet de découvrir le nom de Marion Tinsley, joueur (non, ce n'est pas une dame ... pfff) extraordinaire qui a cumulé les succès pendant plus de 45 ans (il est décédé en 1995). Sur la période 1950-1995, toutes compétitions confondues, il n'a en effet perdu que neuf matchs (selon wikipedia, ou sept selon J. Schaeffer - postscript), dont deux face à Chinook, programme dédié aux dames conçu par ce même Schaeffer.
Sept ou neuf, peu importe. Moins de dix défaites en 45 ans !
- Bon, accessoirement, moins drôle pour les joueurs de dames, on peut lire sur la page d'accueil du site consacré à Chinook que ce jeu (je parle des dames, s'agirait de suivre un peu) est sur le point de ne plus amuser grand monde : six ouvertures ont à ce jour été résolues, et conduisent à la nulle.
- Ma mission chez mon client préféré se termine fin septembre, et je ne sais toujours pas ce que je ferai après. Bon, privilège du prestataire sur l'intérimaire, je serai payé. Au moins pendant trois mois ...
- Il me semble bien que je voulais écrire autre chose, mais je suis incapable de me souvenir quoi.
- Ah, si, voilà un des endroits où j'aimerais bien aller bosser.
Edit du 14/09 : non, en fait c'était pas de ça que je voulais parler, j'ai retrouvé. Samedi, c'est whisky.
Par Eric Cabrol,
mardi 12 septembre 2006 à 16:17 ::Eco
Jack Welch a ensuite répondu aux éléments avancés par la rédaction de Fortune dans l'article dont je viens de parler. Voici son point de vue sur : 1. la taille d'une entreprise : "c'est bien d'être gros. Etre gros ne vous condamne pas à être lent. Ca ne vous oblige pas à avoir des tonnes d'avocats". 2. son rang dans la compétition : "il n'y a pas de mal à être numéro 1. Les entreprises qui sont au troisième, quatrième ou cinquième rang n'ont pas la même flexibilité, le même niveau de ressources, ne peuvent pas faire de la R&D au même niveau". 3. sur le fait de rester lean : "j'étais favorable à la réduction du nombre d'échelons hiérarchiques. Aujourd'hui j'aplanirais encore plus les structures ..." 4. sur l'exploitation des niches : "ça n'a rien d'incompatible avec le fait d'être le leader sur son marché. Dans une grosse société vous avez intérêt à exploiter les niches. Today's niches, tomorrow's big things (ndla : je la laisse en VO parce qu'elle me plait bien comme ça )." 5. sur les clients : "quand y a-t-il eu divergence entre les actionnaires et les clients ? Personne n'a jamais dit : arnaquons ce client aujourd'hui, comme ça le prix de l'action augmentera de 20%". 6. sur l'ouverture vers l'extérieur : "tout General Electrics était tourné vers l'extérieur. Nous examinions sans cesse les autres entreprises pour en garder le meilleur". 7. sur la notation des employés : "ça a été très controversé. Dégagez les plus faibles ... Le PSG et l'OM se rencontrent ce soir (ndla : le lecteur hexagonal ne m'en voudra pas, je l'espère, de transposer la comparaison). Devinez-quoi ? Ils n'ont pas sélectionné les joueurs de division d'honneur pour être sur le terrain ...
On a dit que c'était un système cruel. Pourtant ça ne l'est pas. Ce qui est cruel, c'est de ne pas dire aux gens à quel niveau ils sont".
Mon avis sur la question (qui vaut au moins autant que celui de Welch, même si je suis nettement moins bien payé pour le donner) : certaines oppositions entre l'ancienne et la nouvelle école paraissent artificiellement construites. Aucune entreprise ne se consacre totalement à une introspection exhaustive, et aucune ne regarde que ce qui se passe à côté sans analyser ses propres erreurs. Le juste compromis entre les deux attitudes est un équilibre propre à chaque secteur, à chaque société, à chaque période temporelle, et c'est précisément le rôle d'un chef d'entreprise que de déterminer quelle énergie consacrer à chacune de ces tâches en fonction des circonstances. Lorsqu'un constructeur automobile connait des problèmes de fiabilité sur l'ensemble de sa gamme (on pourra penser à Opel au milieu des années 90), ce n'est certainement pas en innovant à tour de bras qu'il va les résoudre, mais bien en analysant de manière détaillée l'ensemble de son processus industriel et en y traquant les sources de non-qualité. Ce n'est qu'après les avoir identifiées qu'il pourra à nouveau innover, et piocher des idées dans ce que font ses concurrents. Innover, c'est modifier ses habitudes, sa manière de penser. Le faire sur des bases non saines me semble être le meilleur moyen de courir à sa perte ...
Choisir un big boss courageux ou charismatique ? Pourquoi choisir ? Un PDG digne de rémunérations à sept chiffres ne se doit-il pas d'être charismatique et courageux ? Le charisme d'un dirigeant sert à attirer la lumière des projecteurs médiatiques, mais aussi et surtout à emporter l'adhésion de ses salariés. On peut s'interroger sur ce qui définit le courage : l'article parle de prise de risques, d'innovation, de résistance à la pression immédiate de l'actionnariat. Comment ce courage là peut-il ne pas lui aussi emporter l'adhésion des employés ? Quand Free annonce l'arrivée de la fibre optique pour 2007, la bourse sanctionne le groupe Iliad (-12% avant-hier) à cause du montant de l'investissement (1 milliard d'euros), et de perspectives incertaines. Peut-on pourtant imaginer que cette décision ne motive pas ses troupes, et n'attire pas les medias ?
Choisir entre le client ou l'actionnaire ? Là aussi le trait est forcé. Mais même si l'article est caricatural, il a le mérite de pointer du doigt des tendances qui correspondent effectivement à la réalité du terrain. Réduire les coûts (pour augmenter les marges et satisfaire les actionnaires), c'est souvent prendre un risque sur la fiabilité ou la qualité (souvent, j'insiste, mais pas systématiquement). C'est donc prendre un risque de mécontenter la clientèle ... Ce risque est-il acceptable ? Un client mécontent se fera-t-il entendre et mettra-t-il en danger notre position ? Et s'il y en a dix, cent, mille ... ? Encore une fois ce n'est qu'une question d'équilibre, comme dirait Francis. Satisfaire le client, tous les clients, en termes de qualité ou de fiabilité constitue un risque énorme. Parce que la qualité totale n'existe pas, ou alors à un prix prohibitif, que seule une image de marque hors du commun peut permettre de compenser. Même Rolls-Royce a perdu son indépendance ...
Tout fabricant de biens de consommation, ou de services, doit faire un compromis sur la qualité, et tendre vers le juste nécessaire. Encore faut-il être capable de définir cette notion avec précision, et y converger par le haut plutôt que par le bas ...
Concernant la taille et le rang d'une entreprise, je ne partage pas l'optimisme de Welch. Théoriquement, on peut sûrement être gros sans être lent. Dans le pratique, il me semble quand même que les gros n'ont rarement, voire jamais, la réactivité des petits. Malgré des moyens a priori supérieurs ... La faute à une structure inadaptée ? Sans doute. Mais l'"aplatissement" des hiérarchies qu'il préconise suffirait-il ?
Quant à la notation des employés, ma foi ... Ce serait une belle preuve d'hypocrisie de la part des entreprises françaises de s'indigner devant de telles pratiques. La notation est implicitement pratiquée avant l'embauche (pas l'importance accordée au diplôme, entre autres), et elle l'est également après. Officieusement. Comment réagirait un salarié français si on lui annoncait officiellement une note, un rang ? J'imagine avec amusement la scène ... :-)
La seule chose qui différencie le chef d'entreprise français de son homologue américain, ce sont seulement les plus grandes difficultés à se séparer de ceux qu'il estime être les plus mauvais ...
Pour Betsy Morris, l'auteur de l'article, les règles de fonctionnement sur lesquelles un consensus existait dans l'Amérique entrepreneuriale il y a encore quelques années ne sont aujourd'hui plus valables. Elles ont fonctionné, dans un certain contexte, à une certaine époque. Mais aujourd'hui la donne a changé.
L'exposé est décliné en sept points :
1. Nouvelle régle : mieux vaut être agile que gros
(ancienne règle : les gros tiennent le marché)
Les avancées technologiques et l'évolution des business models ont contribué à réduire l'importance de la taille, censée permettre des économies d'échelle. L'externalisation et les partenariats permettent de transformer des coûts fixes en coûts variables.
2. Nouvelle règle : trouvez des marchés de niche, créez quelque chose de nouveau
(ancienne règle : soyez le leader, ou éventuellement le n.2 de votre marché. Les autres sont condamnés)
Evidemment, être le leader de son marché demeure une position enviable. Mais ce n'est pas synonyme de sécurité. Ainsi l'énorme base d'utilisateurs d'AOL n'a servi à rien pour enrayer la montée en puissance de Google. Même remarque pour l'affrontement Disney-Pixar, ou pour l'entêtement de Coca-Cola à refuser de croire en l'intérêt croissant des boissons énergisantes, focalisée qu'était la société sur sa guerre à coups de dixièmes de % de parts de marché avec Pepsi.
3. Nouvelle règle : le client est roi
(ancienne règle : l'actionnaire est roi)
Les entreprises se seraient peu à peu éloignées de leurs fondamentaux en essayant de chercher à produire de la valeur perçue, plutôt que de la valeur réelle, sous prétexte que cela comblerait les marchés financiers. Certaines réapprennent donc à se concentrer sur des "détails" comme l'innovation, la qualité du service après-vente, ainsi que les indicateurs de satisfaction des clients.
4. Nouvelle règle : tournez vous vers l'extérieur, et non vers l'intérieur
(ancienne règle : soyez "lean and mean")
L'expression "lean and mean", qui ne m'est pas familière, semble liée à l'adoption de la démarche de qualité Six Sigma, qui s'est généralisée dans de très nombreuses entreprises. Incitant les sociétés à étudier dans le détail leur processus industriel pour y traquer les surcoûts, elle les aurait détournés de la nécessité de garder un oeil ouvert sur ce qui se fait à l'extérieur. Se concentrer sur ses propres dysfonctionnements ne doit pas dispenser de conserver une bonne part de son énergie pour l'innovation. J'aime bien la phrase du vice-président de Genentech qui dit que l'innovation est une entité "méta-stable". Que rien ne la tue plus vite que de vouloir la planifier, l'encadrer ...
5. Embauchez des collaborateurs passionnés
(ancienne règle : ne travaillez qu'avec les meilleurs)
Chez General Electrics sous l'ère Welch, les employés étaient classés par niveau (A, B ou C). Si l'on en croit l'auteur d'un livre qui lui a été consacré, Welch aurait un jour tenu à ses cadres dirigeants le discours suivant : "nous sommes une société classée A+. Nous ne voulons que des employés de niveau A. Ne perdez pas de temps à faire passer ceux du niveau C à l'échelon supérieur. Débarassez-vous en le plus rapidement possible".
Inutile d'expliquer la nouvelle règle ...
6. Embauchez un patron courageux
(ancienne règle : embauchez un patron charismatique)
Les Etats-Unis ont connu une période faste pour les CEOs charismatiques, dont la réputation de certains a traversé l'Atlantique (Jack Welch, Lou Gertsner, Carly Fiorina ...). Les stratégies adoptées par ces leaders, généralement fondées sur une réduction drastique des coûts, sur l'emploi d'astuces financières ou comptables et sur une croissance par acquisitions, n'ont pas toujours fourni de solution à long terme (une étude réalisée sur 157 entreprises s'étant renforcées à la suite d'acquisitions dans les années 90 a montré que seulement 7 d'entre elles avaient obtenu des résultats financiers au-dessus de la moyenne).
Aujourd'hui, ces méthodes perdent de leur crédit. La croissance, la vraie croissance, nécessite de faire des paris qui ne paieront ni à court ni à moyen terme, mais seulement à long terme, ce que les marchés sont peu enclins à accepter. Xerox a pratiquement été tué à cause de la résistance de ses dirigeants devant la nécessité de passer de l'impression analogique au numérique, parce que cela risquait de réduire leurs marges. Au moment où ils se sont enfin décidés à franchir le cap, leur part de marché s'était effondrée ... Anne Mulcahy, l'actuelle CEO engagée en 2001 pour y faire le ménage, affirme à ce sujet : "vous devez changer quand vous êtes au sommet du jeu en termes de profit. C'est difficile à faire ; votre business va pour le mieux, vos marges sont au top ... Mais c'est là que vous devez plonger et prendre des risques".
7. Nouvelle règle : admirez mon âme
(ancienne règle : admirez ma force)
E. Neville Isdell, le CEO actuel de Coca-Cola : "je ne suis pas d'accord avec Milton Friedman pour dire que le rôle de l'entreprise est seulement de gagner de l'argent. Notre légitimisation dans la société constitue une part très importante de notre activité". Avoir une âme, c'est plus que s'engager pour des causes, être transparent vis-à-vis des rémunérations, ou respecter les législations environnementales. C'est aussi la définition d'une vision à long terme. Les chefs d'entreprise doivent devenir de meilleurs courtisans des investisseurs à long terme, en expliquant leur stratégie ... Mais auront-ils le courage de défier le présent pour se concentrer sur l'avenir ? Et les actionnaires auront-ils la patience de les soutenir ?
Par Eric Cabrol,
lundi 11 septembre 2006 à 18:22 ::Deportivo
Non, je ne parlerai pas une nouvelle fois de Maitre F. après sa victoire sur le jeune padawan Roddick qui n'a manifestement pas encore la maitrise complète de la Force. Mais c'est quand même en le voyant jouer un tennis hallucinant dans le 4è set (la preuve : 2 fautes directes, 5 aces, 14 coups gagnants ...) que je me suis demandé : à quand la première victoire d'un robot sur l'être humain sur un court de tennis ?
Tout est aujourd'hui "disponible" pour que cela devienne une réalité à moyen terme : acquisition et traitement de la trajectoire, déplacement autonome, maitrise des lois physiques, il n'y a vraiment aucune objection, en-dehors du temps nécessaire pour que les roboticiens concoivent des bipèdes un peu moins maladroits sur leurs jambes que les bestioles actuelles.
Ensuite, comme aux échecs, ça ira très vite. Le premier robot à battre un quatrième série ... le premier robot classé négatif ... le premier robot au classement ATP ... Et dans combien de temps, un robot numéro un mondial ? 15 ans ? 10 ?
Par Eric Cabrol,
vendredi 8 septembre 2006 à 17:27 ::Intello
(Misère, il est vraiment mauvais ce titre. Qu'on pende le coupable)
Profitant de la présence d'échiquiers king-size dans les jardins publics autrichiens, j'ai donc rejoué un peu ces derniers temps, ce qui m'a permis de réaliser que j'avais parfaitement oublié les quelques schémas d'ouvertures que j'avais laborieusement appris il y a une bonne dizaine d'années.
...
Ah, le grand horloger me dit que ça fait plutôt quinze ans ... Effectivement, c'est en prépa que j'y ai le plus joué. Pendant que les GI étaient envoyés une première fois faire des pâtés de sable dans le désert irakien, je ruinais mes chances de passer en M' en consacrant plus de temps à jouer aux échecs avec mes voisins d'internat qu'à bosser sur le Ramis - c'était l'ouvrage qui faisait référence à l'époque ; est-ce toujours vrai aujourd'hui ?
(1991 : Wikipedia nous rappelle que c'est l'année où un certain Linus Torvalds sort la première version du noyau Linux, où l'URSS disparait définitivement, et où P.G de Gennes obtient le Nobel de physique. Liste d'évènements évidemment non exhaustive, parce que je me souviens, aussi, cette année, j'ai fait caca ...)
Bref, fin de l'interlude culturel, revenons à nos pions : on ne se refait pas, je sens l'échiquéïte me regagner petit à petit. Or qui dit envie de jouer, dit besoin de trouver des adversaires. Ma mie et ma pomme avons ainsi fait quelques parties. Mais même si elle sait pousser les pièces, j'ai encore, heureusement, un résidu de niveau qui me permet de gagner (pour l'instant) à coup sûr. Or si on peut jouer au tennis en adaptant son niveau à celui de son adversaire, il est plus difficile de procéder de la sorte aux échecs. A part en commettant intentionnellement des erreurs, mais bon, hein, comme disait ma grand-mère, "mais bon" ...
Donc j'ai jeté un coup d'oeil aux logiciels qui existent. Et fatalement je me suis repenché sur ce qui se fait de mieux dans le domaine, non pas pour m'étalonner, mais juste pour me rafraichir les idées sur l'état de l'art à ce jour, moi qui en étais resté à l'affrontement Kasparov-Deep Blue.
Neuf ans plus tard, la terreur des GMI s'appelle Hydra. Elle a battu en 2005 le septième joueur mondial sur le score de ... 5.5 à 0.5 ! Et reste à ce jour "invaincue contre un humain non assisté en rencontre temps-réel".
Je savais que le go était le dernier terrain sur lequel l'homme manifestait sa suprématie (quoique, je nous soupçonne d'être également plus performants à la cueillette de champignons), mais j'ignorais qu'homo sapiens se fut ainsi fait ratatiner aux échecs par une bête machine 64 processeurs.
On peut lire sur chessbase une interview de Michael Adams (c'est l'homme sage qui s'est pris sa branlée). Morceaux choisis :
"Hydra proved to be far more powerful than anyone expected."
"Perhaps it was a bit of a problem for me that I had a very busy schedule this year to focus specifically on the Hydra project. From the Hydra side there were only 20 published games available to us – a very small number – against 2000 games of mine – smiles a bit of an imbalance. But Hydra plays very well indeed, very often it plays human-style chess, which is strange."
"Hydra basically likes to play very aggressively, go forward. This is the obvious style for a computer, but I think other computers have not really adopted this in such a clear-cut way as Hydra has."
"In general I tried to play some nice strings and perhaps this enabled the computer also to show some of its own strings. In some of the Deep Blue games Kasparov just tried to spoil computer’s play, but of course the drawback to this strategy was that it also harmed his own play. It is two different strategies. The problem is, I think, if top players in the world try just to spoil the computer’s play the outcome will only be worse. The quality of the games overall will be lower."
"The black games were quite interesting because it was virtually impossible for me to even get on the board. It is incredibly hard against Hydra. It will be the real test in future matches whether human players will be able to put up some resistance with the black pieces. With white it is possible to do things against Hydra – I think that is clear from the match overall. But with black it was just not possible for me."
A lire également sur le sujet :
- chez Jonathan Schaeffer, des récits "vivants" du deuxième affrontement Kasparov - Deep Blue en 97, ainsi que des matchs (pdf) qui ont opposé Vladimir Kramnik à Deep Fritz en 2002 puis Kasparov à Deep Junior en 2003.
Par Eric Cabrol,
vendredi 8 septembre 2006 à 00:19 ::Deportivo
J'adore le tennis. Le regarder plus encore qu'y jouer, en fait (faut dire, en y consacrant 3 ou 4 heures par an, déformées par une pratique ultra-intensive du squash - je suis champion de mon bâtiment, au boulot - félicitations à notre nouveau vice-champion du monde français, au passage, même s'il doit grave se les bouffer d'avoir laissé passer cinq balles de match au quatrième set).
Où j'en étais ? Ah oui, le tennis. Pourquoi j'adore le regarder à la télé, et plus particulièrement hier soir ? Non, pas parce que Nadal a perdu, le gamin (oh, quinze ans de moins que moi, presque, hein ; OK, 15 cms de tour de biceps en plus aussi) espagnol m'est malgré tout sympathique. Même si je penche plutôt du côté des artistes que des bûcherons, il a quand même un bras gauche extraordinaire, ramenant les lifts d'un Bruguera ou d'un Berasategui à des caresses pour chats arthritiques. Et il est très bien dopé aussi. Non, c'est mal, faut pas écrire ça, c'est de la diffamation.
Toujours est-il qu'il est tombé sur un os, hier soir, avec un Youzhny qui a joué le feu. Des matchs comme ça ressemblent à des pièces de théâtre. Nadal perd le premier set. Il récupère le second sans vraiment savoir comment. Non pas que ce fut du vol, mais bon, il avait l'air presque surpris de faire le break au bon moment. Le troisième est serré. La fin de set est dure pour Youzhny, qui doit faire face à trois balles de set sur son service. Solide, il s'en sort pour aller au tie-break. Et le gagne ! Deux sets à un, hmmm, ça sent la bagarre jusqu'au bout de la nuit. Mais Nadal semble perdre pied. Il est moins précis, multiplie les fautes, et Youzhny continue à mettre des grandes gifles, en coup droit comme en revers, qui font frissonner le public. Il prend une première fois le service (blanc !) de Nadal. Puis une deuxième ! Il mène 5-0. Nadal, éteint comme je ne l'avais jamais vu, réagit enfin. 5-1. On se demande soudain s'il peut remonter. Il est capable de tout, le bougre. Surtout que Youzhny, qui sert pour le match, entame par une double faute. Puis 0-30. On imagine que ça doit gamberger dans la tête du russe. Mais non, Nadal est vraiment à côté de ses pompes, il arrose copieusement, et Youzhny conclut sans trembler. Ca aurait duré jusqu'à trois heures du mat', j'aurais suivi jusqu'au bout ...
Par Eric Cabrol,
jeudi 7 septembre 2006 à 18:55 ::Actu
Google sort un outil de recherche dans les archives de presse : Archive Search. Et quand G décide de faire quelque chose, G frappe fort : ce sont 200 ans de publis qui deviennent accessibles ! Certains articles sont payants, selon les politiques des journaux qui collaborent avec G. Mais surtout, G propose (enfin !) de classer les résultats d'une requête par ordre chronologique. Ca fait pas mal de temps que je peste contre le fait que l'option ne soit pas proposée pour les requêtes habituelles. Le pagerank c'est sympa, mais il y a bien des fois où j'aimerais savoir de quand datent les pages que le moteur retourne ...
Stephen Hawking cherche un assistant. Le CV va être difficile à rédiger ...
L'opposition a déposé 137634 amendements sur le projet de loi de fusion GDF-Suez
Karl Dubost propose de tenir un suivi précis des promesses électorales, et des réalisations qui s'ensuivent. Ca fait longtemps que j'y pense. Mais ça n'a pas d'intérêt préventif à court terme ... Et il faudra plusieurs cycles électoraux pour décrédibiliser l'ensemble de la classe politique :)
Par Eric Cabrol,
mercredi 6 septembre 2006 à 21:20 ::Info
La société Silicon Graphics allait mal, l'issue était inéluctable, c'est maintenant officiel :
"SGI announced end of production for MIPS based hardware and the IRIX operating system" (via slashdot)
Snif, ça fait quand même 10 ans que je bosse sur des Silicon ... Indy, Indigo2, O2, Octane, Fuel. Pendant 10 ans j'ai fait mumuse avec Irix, essayant d'installer des applis en local là où je n'avais pas les droits root, fouillant dans les pages man, m'initiant aux plaisirs du shell (ahhh, tcsh, la spécialité maison), puis de Perl.
Je pourrai en parler à mes petits-enfants, en mémoire d'un temps où SGI vendait 5 fois plus cher des machines moins performantes que des PC top niveau, juste équipées de cartes graphiques professionnelles ...
Par Eric Cabrol,
mercredi 6 septembre 2006 à 18:04 ::Politico
Marrant. Mon agrégateur m'a amené à (re)lire quasiment dans la foulée le billet d'Adam Kesher qui s'interrogeait en octobre dernier sur une catégorisation droite / gauche, politiquement parlant bien sûr, puis l'article de Daniel Cohen dans le Monde d'hier intitulé Le salaire des patrons est-il "juste" ?. Question rituelle illustrant de manière caricaturale le clivage politique en question ... J'ai découvert le papier du Monde via le blog de L. Le Meur, que l'on imagine aisément s'étranglant d'une rage contenue devant les inepties proférées par Cohen, puisque celui-ci conclut en suggérant une taxation à 90% des hauts salaires.
Parmi les réactions des lecteurs du Monde, aussi variées qu'on peut l'imaginer, émerge régulièrement le lien que l'on a souvent envie de faire entre le salaire des patrons des entreprises du CAC 40 (qui ne représentent, soyons bien clair, que 40 entreprises, à opposer aux centaines de milliers de patrons de PME dont la rémunération ne scandalise a priori personne. Mais il est clair que le salaire des top-managers, partie émergée donc ô combien visible de l'iceberg, fascine les foules - fin de digression), le lien, disais-je, entre le salaire et la responsabilité.
Responsabilité financière ? Pénale ? Humaine ? Personne ne précise vraiment ... Un chirurgien ou un pilote de ligne sont responsables de vies humaines, critère qui semble décisif pour certains, et sont bien payés en conséquence. Mais un chauffeur de bus a sous sa responsabilité davantage de vies qu'un chirurgien, et n'est pas mieux payé pour autant.
Responsabilité pénale ? Le sujet me semble trop complexe pour être populaire.
Responsabilité financière ? C'est sans doute un des éléments de corrélation les plus évidents ... Je n'ai pas encore mis la main sur une courbe renseignant le salaire moyen du dirigeant en fonction du chiffre d'affaires de la société, mais j'ai comme dans l'idée que le lien doit sauter aux yeux. Le patron de PME bénéficie dans ce domaine d'un avantage d'image indéniable. On l'imagine proche de ses salariés, malade rien qu'à l'idée de licencier ceux qui sont en quelque sorte ses "enfants", et surtout impliqué financièrement en cas de naufrage de sa société (ce qui n'est pas forcément exact, mais les cours sur les statuts d'entreprise sont reportés à plus tard). C'est ici d'une responsabilité financière personnelle qu'il s'agit ...
Le dirigeant de grande entreprise ne bénéficie pas auprès du public de la même bienveillance. Parce qu'il peut déleguer les mouvements de licenciement, parce qu'il n'est pas en position d'imaginer la vie quotidienne de ses salariés, et surtout parce qu'en cas d'échec, sa responsabilité financière personnelle n'est pas engagée ...
C'est l'occasion de revenir au billet d'Adam : Koz y précise en commentaire que la reconnaissance du mérite et surtout la notion de responsabilité individuelle lui semblent fondamentales pour qui se dit "de droite". Je suis incapable de me situer politiquement, comme Adam, alors que je pensais l'être il y a une dizaine d'années. Je me reconnais cependant tout à fait dans l'importance que j'accorde à la responsabilité individuelle. La reconnaissance du mérite ne me hérisse pas spécialement le poil, et je ne bondis pas devant les rémunérations accordées aux dirigeants stars. Un million d'euros en plus ou en moins pour un PDG à la tête d'une entreprise de 100 000 salariés, d'un point de vue bêtement comptable, ça ne fait que 10 euros par employé. Rien. Rien par rapport au gain de richesse que peut apporter un patron avisé, capable de faire les bons choix. Mais c'est là qu'est l'os : la responsabilité individuelle devrait permettre d'indexer les rémunérations à des indicateurs bien choisis (part de marché, résultats financiers, salaires moyens ... à pondérer selon sa sensibilité politique, justement :)), et par conséquent de sanctionner les dirigeants n'ayant pas apporté ce que l'on attendait d'eux !
Si le libéralisme érige la reponsabilité individuelle en valeur fondamentale, cette responsabilité doit être bilatérale, et valable aussi (surtout) pour les plus puissants, y compris (surtout) lorsqu'ils échouent. Demander la suppression des golden parachutes, c'est donc aussi être de droite ... :)
Par Eric Cabrol,
mercredi 6 septembre 2006 à 14:32 ::Moto
Je vois régulièrement passer des requêtes de gens cherchant des "motos à moins de 1000 euros". Eh bien voilà, ami motard démuni, ta soif de rouler à pas cher va pouvoir être assouvie :
dans la catégorie "vraiment pas cher", je vends ma Suzuki GSX 750 Inazuma. Présentée ici sur une page qui date un peu, elle a aujourd'hui 145 000 kms, et je la mets en vente à 900 euros. Elle date de 98, et roule tous les jours. Le bloc-compteur est chiffonné, elle porte quelques stigmates de chutes. A envisager à moyen terme : changement disques de frein, réparation jonction silencieux-collecteur. Amortos et pneus récents, kit-chaine encore en forme.
dans la catégorie "à peine plus cher", je vends aussi ma Honda CBR 1000 F (type SC 25, de 1991), affichant 100 000 kms, pour la somme de 1500 euros. Elle sort de chez le mécano pour un nettoyage complet des carbus après une hibernation qui ne lui avait pas réussi. A envisager : roulements de colonne de direction. Pneus récents. La distrib' est un peu bruyante à froid, mais j'ai une facture, au nom de l'ancien propriétaire (j'ai acheté la moto il y a 10000 kms et un an et demi), attestant du changement de la chaine et du tendeur à 84000 kms.
Pourquoi je les vends : parce que je n'ai pas la place pour bricoler dessus sereinement, et parce que j'ai un peu de sous à dispo pour m'acheter une bécane plus récente :) Mais quelqu'un disposant d'un garage/atelier pourra leur redonner une deuxième jeunesse pour des sommes raisonnables, et ce sont des motos dont la fiabilité est éprouvée ...
PS special-Google : "motos à moins de 1500 euros", "motos à moins de 2000 euros". Valà, on a fait le tour. Ca serait con de rater des requêtes ...
Par Eric Cabrol,
mercredi 6 septembre 2006 à 00:04 ::Humeurs
C'était prévisible :
Le gouvernement souhaite faire évoluer la législation autour de la redevance audiovisuelle, afin de prendre en compte les personnes recevant la télévision sur un ordinateur (via freenews.fr)
"D’un côté je me sens un peu déplacé, l’instrument souriant, le comique de service, qu’on ne craint pas vraiment parce que les blogs, vous le savez bien, n’ont une importance que relative. De l’autre, je sens comme une envie de participer. C’est pernicieux. L’énergie, la convivialité, le tutoiement et le pastis, et me voilà guilleret à serrer la main des futurs puissants, et je remercie en plus...
[...]
Bien que tout cela ressemble à une version démocratique du Parrain, il y a des gens ici pour qui ce n’est pas une grande farce. Je respecte ça, moi qui ne suis engagé dans rien d’autre que ma petite cellule familiale et mes rêves. Il serait facile de tirer sur cette frénésie sous prétexte qu’elle est grossière. Cette frénésie est pourtant vivifiante pour le cynique, et je me sens léger, tout à coup, à prendre les choses graves avec sérieux. La grande comédie est en place et chaque pion est à sa place. Ils m’ont eu, je me mets à réfléchir, à me demander si, quotidiennement, je ne devrais pas m’engager davantage, pour eux ou pour d’autres (ce n’est pas encore la question) un peu comme lorsqu’on rencontre quelqu’un qui s’occupe des pauvres ou des lépreux... Et puis non, réveil, je sais que demain tout ne sera plus qu’un lointain souvenir et que je retournerai à ma vie tendre et douce, me laissant diriger, comme un mouton, par l’une ou l’autre."
"I can't write unless both of my ass cheeks are equally touching my chair and my feet are flat on the ground. This is inconvenient because sometimes I feel the need to cross my legs and favor one butt cheek over the other. When I assume that position, the best I can do is stare into space while trying to remember my name, species and gender. Apparently I have some sort of ass-brain neurological connection that needs to be just so."
"la perspective de relire la prose diarrhéique de certains trolls se croyant nécessaires quand ils ne sont que suffisants n'était pas de nature à me surmotiver non plus"
Par Eric Cabrol,
lundi 4 septembre 2006 à 18:13 ::Actu
Ainsi, donc, si je fais le bilan de ces deux dernières semaines :
Pluton a perdu son statut de planète
Agassi est à la retraite
Universal tire une balle dans le pied d'Apple (et des autres majors) en proposant à partir de décembre une offre de musique en ligne gratuite, simplement financée par la pub.
Loeb est seul titulaire du record de victoires en championnat du monde des rallyes
Le PDG de Ford a proposé son poste à Ghosn-san
Un des médaillés Fields est français, un autre a refusé sa distinction
Israel a cessé ses frappes sur le Liban
Le gouvernement français projette d'interdire de fumer dans tous les lieux publics
Des blogueurs sont invités par l'UMP à son université d'été
Royal et Sarkozy tiennent toujours la corde à l'audimat politique
Par Eric Cabrol,
lundi 4 septembre 2006 à 15:40 ::Ego
Visiter un pays "seulement" 60 ans après avoir été en guerre avec lui. Prendre un café en terrasse d'une capitale qui ne porte presque plus les cicatrices des bombardements, alors qu'il y a cinquante ans le pays était exsangue. Je me demande ce que peuvent en penser les octogénaires français qui font le même périple, et leurs congénères autrichiens qui nous voient promener notre insouciance dans leur ville, eux qui ont sans doute été élevés, pour certains, dans un sentiment anti-français assez marqué. Y a-t-il des traces de cela aujourd'hui ... ?
Enfin bref. Même si les généralisations culturelles m'énervent parfois, je ne suis pas non plus adepte d'un relativisme excessif dans le domaine. Il suffit d'ouvrir les yeux, de regarder ne serait-ce que la foule attendant sagement, à Innsbruck comme à Vienne, que la signalisation le permette pour traverser la chaussée alors qu'aucun véhicule n'est visible à plus de 100 mètres, pour reconnaître qu'il y a des différences entre le comportement de l'autrichien moyen et celui du französich de base. Anecdote illustrée par un repas au resto, à Salzbourg. Dans la salle, une majorité d'autrichiens, dont une table avec des enfants. Une table de français, en plus de nous, et une d'italiens, avec des enfants eux aussi. Alors que les petits salzbourgeois ont passé le repas à table, sans bouger de leur place, les bambini ont passé une bonne partie de leur temps debout sur leur chaise ou sur la banquette à côté, à dessiner autant qu'à manger, sautillant, parlant (fort), jouant un peu la commedia devant leur public d'un soir ...
D'un côté la vie, de l'autre le calme. Bien sûr, les petits italiens étaient un peu plus jeunes que les autrichiens. Evidemment, le constat aurait pu être diamétralement opposé, question (aussi) de personnalité des mômes (et des parents ...). Mais la scène était amusante de représentativité dans sa caricature. Et je me suis rendu compte que moi qui suis a priori plutôt "latin", né dans un département qui était encore italien il y a cent cinquante ans, de parents "sudistes", moi qui préfère, et de très loin, la gastronomie transalpine à son homologue tyrolienne, moi qui parle français, espagnol et comprends à peu près l'italien, je me suis dit : non, avec moi ça ne se passera(it) pas comme ça. Le bon comportement à table, ce n'est pas de faire du trampoline sur une chaise.
Latin, moi ?
Par Eric Cabrol,
dimanche 3 septembre 2006 à 02:33 ::Info
Voilà, l'Autriche, et la Suisse, et l'Italie, c'est comme Capri, c'est fini.
Pour ceux qui ont vraiment envie de se taper 92 photos, c'est ici.
Nota qui me permet de ranger ce billet dans la catégorie Info, et non en vrac. L'album a été généré avec JAlbum, et ma foi c'est pas mal du tout. Une précision pour l'installation : comme son nom l'indique, le soft a besoin d'une machine virtuelle Java pour fonctionner. J'avais précédemment récupéré le JRE 1.5.0, mais l'installeur de JAlbum m'a gratifié dans un premier temps d'un fort peu aimable Invocation of this Java Application has caused an InvocationTargetException.
Or pour que l'installeur utilise la "bonne" version de Java, et non celle fournie par défaut dans Ubuntu (GNU libgcj), il faut le lui expliquer gentiment :
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