Capital : C’est pour gagner plus que vous avez choisi de vivre en Suisse ?

Jo-Wilfried Tsonga : Etre en Suisse me permet de m’épanouir dans un cadre qui me plaît, tout en sauvegardant un peu d’argent, principalement sur les ­revenus en provenance des pays où la fiscalité se limite à une retenue forfaitaire à la source. En revanche, les revenus tirés de mon ­activité sportive exercée en France sont taxés ­selon les mêmes règles qu’un résident français, soit à près de 50%. Et je joue le jeu, car je viens le plus souvent possible ici : à Roland-Garros, à Bercy, mais aussi à Marseille ou à Metz… Alors qu’il y a des tournois à l’étranger aux mêmes dates, sur lesquels je pourrais toucher plus sans être autant ­imposé. Ma ligne, c’est : je ne prends rien à la France que je ne rende pas. Je veux bien payer des impôts, mais jusqu’à un certain niveau. Mon objectif est d’essayer de tirer profit de ce que je fais pendant que je suis au top car si ­demain je me blesse, mes revenus vont s’effondrer. Compte tenu des sacrifices que je m’impose, si à la fin de ma carrière je ne garde qu’une faible proportion de mes gains, ça ne m’intéresse pas. Si je vis en Suisse, ce n’est donc pas pour ne pas payer d’impôts, mais uniquement pour éviter que l’ensemble de mes revenus soit soumis à une imposition très lourde. Je peux comprendre que ce qui me reste sera toujours considéré comme très confortable, voire excessif, mais il n’est pas anormal de vouloir profiter de l’argent que l’on gagne, surtout quand il est directement lié aux performances. Après, si certains pensent que les tennismen sont trop payés, c’est un autre débat, qui concerne les organisateurs de tournois et les sponsors. Mais l’argent que je gagne n’a rien d’immoral.

Je suis une petite entreprise à moi tout seul” (capital.fr, 24/12/2013)