Curiosity

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vendredi 13 janvier 2012

Pourquoi les statistiques d'accidentologie ne diminueront plus

"Mercedes-Benz USA, filiale de Daimler, doit présenter cette semaine au Consumer Electronics Show (CES), le salon de l'électronique grand public à Las Vegas, son nouveau système télématique, qui comprend une version dédiée de Facebook.

(...)

Le responsable produit des services de télématique chez Mercedes, Robert Policano, estime pour sa part que ce service ne gêne pas plus la concentration qu'un système de navigation ou la radio. Toutes les activités sur Facebook qui nécessitent d'écrire sont désactivées quand la voiture est en marche, a-t-il assuré.

Cette application propose de nombreux messages pré-enregistrés que le conducteur peut publier sur Facebook sans multiplier les manipulations."

(Facebook arrive dans les voitures, capital.fr, 10/01/2012)

Après les GPS, les smartphones, maintenant les réseaux sociaux. Misère.

lundi 23 mai 2011

Degraissandum est mammuthus

Legifrance, le service public de la diffusion du droit. On ne peut pas leur reprocher de pub mensogère, puisque rien n'affirme "service public d'aide à la diffusion et à l'intelligibilité du droit". Je suis parvenu à mes fins en une petite dizaine de minutes, pour trouver le texte de loi réglementant les avertisseurs sonores destinés aux deux-roues motorisés. Je suis parti de l'article R.313-33 du Code de la Route (qui fait partie du Livre III : Le véhicule / Titre Ier : Dispositions techniques / Chapitre III : Eclairage et signalisations / Section 2 : Signaux d'avertissement), lequel article fait mention de l'"Arrêté du 4 mai 2009 modifiant l'arrêté du 14 janvier 1958 fixant les spécifications auxquelles doivent répondre les avertisseurs sonores des véhicules automobiles", qui évoque à son tour, dans son article 1, l'"Arrêté du 14 janvier 1958 - art. 4 (V)", qui permet enfin de tomber sur la directive européenne "93 / 30 / CEE relative à l'avertisseur acoustique des véhicules à moteur à deux ou trois roues".

Arrivé là, on est content, on peut commencer à lire. Et on tombe sur :

"3.6. L'avertisseur acoustique doit être monté, par l'intermédiaire de la pièce ou des pièces prévues par le fabricant, de façon rigide sur un support dont la masse soit au moins dix fois plus grande que celle de l'avertisseur à essayer et au moins égale à 30 kg. En outre, le support doit être agencé de telle sorte que les réflexions sur ses parois ainsi que ses vibrations soient sans influence notable sur les résultats de mesure."

A vue de nez on doit pouvoir annuler l'homologation de la moitié du parc, avec ça ...

"Mais si monsieur l'agent, je vous assure que ce té de fourche pèse 30 kilos !"

mercredi 11 mai 2011

La fête des cons

"Les conducteurs de motos et de tricycles devront porter un équipement rétro-réfléchissant." (securite-routiere.gouv.fr)

Vite, vite, un texte de loi qui normalise tout ça (dimensions, coefficient de rétroréflexion ...), je ne pourrai plus vivre sans, je cours m'en acheter un demain, c'est pour mon bien, pour ma sécurité. Merci mon gouvernement. Vive mon gouvernement. Mon gouvernement est grand. Heureusement qu'il sait, mieux que moi, ce qui est bon pour moi.

lundi 11 avril 2011

Passage à la limite

Le département des transports britannique a révélé récemment les résultats d'une étude destinée à mettre en évidence les impacts d'une augmentation de la longueur des semi-remorques. Elle montre que la mise en place d'une telle mesure permettrait de réduire les émissions de polluants tout en respectant les normes de sécurité. (Caradisiac, 11/04/2011)

Ouais, même que la longueur optimale, c'est celle d'un train.

mercredi 12 janvier 2011

Plaider coupable

Je cherche, je cherche. Mais là, tout de suite, je ne vois aucun tricheur célèbre pour avoir "marqué l'histoire" qui ait avoué les faits dès le début. Laquelle histoire est en revanche pleine de malheureux innocents, victimes d'un complot mondial ... que la justice finira pourtant par déclarer coupables. Soit la justice est vraiment maladroite, soit on peut y voir une stratégie de défense systématique qui me laisse un peu perplexe.

Bon, OK, il y a Kerviel. Disons qu'on restreint le contexte à ceux dont la culpabilité n'est pas corroborée par des centaines de mails ou d'ordres passés en leur nom.

Ben Johnson, 9'79" en finale des JO de Séoul le 24/09/1998, déclaré positif au stanozolol 3 jours plus tard, remet le 1er octobre une déclaration signée disant :

"Je tiens à affirmer clairement que je n’ai jamais pris sciemment de drogues illégales et qu’aucune ne m’a jamais été administrée. J’ai toujours cru, et je le crois plus que jamais aujourd’hui, que ces drogues n’ont pas leur place dans notre société. Au cours des deux dernières années, j’ai subi une dizaine de tests. Ils ont tous été négatifs. Le plus récent a été fait autour du 17 août. Tous ces tests, à ma connaissance, étaient poussés et complets. Je sais pertinemment que tous les médaillés olympiques sont testés et, comme vous le savez tous, je n’allais pas à Séoul pour perdre. Je m’attendais bien à gagner une médaille d’or et je m’attendais très certainement à être testé. Aucune raison au monde n’aurait donc pu me pousser, dans ces circonstances, à prendre une drogue illégale."

"1988 - J.O. de Séoul : l’affaire Ben Johnson" (eanm.fr)

Ben Johnson avoua finalement l'année suivante.


Richard Virenque, désigné en 1998 par le soigneur Willy Voet comme étant l'un des coureurs de l'équipe Festina à se doper, avouera seulement en octobre 2000, devant le tribunal correctionnel de Lille :

Richard Virenque change de stratégie et avoue timidement s’être dopé. Il précise qu’il n’a pas triché par rapport au train qui était en marche : « j'étais le mouton, si on me sortait du troupeau j'étais fini ». "Le procès Festina" (dopage.com)

dimanche 25 juillet 2010

Contresens

Un zapping malencontreux m'a fait atterrir quelques minutes sur une émission (dont j'ai déjà oublié le nom) consacrée à la délinquance routière et aux "nouveaux hors-la-loi", avec entre autres sujets un passage consacré à la répression grandissante contre les deux-roues motorisés qui circulent entre les files, avec force PV à la volée.
Bon. Il va en plus falloir surveiller les voitures qui ressemblent à des banalisées. Bref.
S'il y a un domaine où on peut difficilement reprocher aux ministères du Transport successifs un manque de cohérence, c'est bien celui-là. Raboter consciencieusement toutes les têtes qui dépassent semble être la seule politique envisagée pour parvenir à l'objectif fixé de 3000 morts d'ici 2012.

Dans ce contexte, pourtant, la Mairie de Paris fait preuve d'une bêtise assez innovante. Depuis plusieurs mois, elle trace des couloirs cyclables, à contresens de la circulation, y compris dans d'étroites rues à sens unique. Les non-parisiens apprécieront les quelques photos visibles sur cette page du Monde, dont celle-ci, où l'on imagine bien la sérénité du cycliste qui souhaiterait emprunter le couloir dessiné au sol :


lundi 19 juillet 2010

GIEC conspiracy

Dernière balade en moto : cage de roulement de direction cassée, il y a deux semaines.
Dernier voyage en train : 2h de retard sur un Lyon-Paris fin juin
Dernier voyage en avion : 1h de retard à l'aller, 50' au retour sur un Paris-Nice ce week-end

C'est un complot pour me pousser à réduire mon empreinte carbone, c'est ça ?

mercredi 14 juillet 2010

Quand ça veut pas ...

Bon, le gars il se dit, le temps est incertain, y'a personne sur la route, alors le gars il va prendre sa caisse pour aller au ciné avec sa chérie, parce que c'est quand même plus confortable de ne pas se balader avec le cuir et le casque. Bon, le gars il arrive cour saint-Emilion, et y'a des cones partout pour empêcher l'accès aux places de stationnement, cause qu'apparemment y'aurait un tournage prévu. Bon, le gars il se dit ok, il va enrichir un peu plus Vinci en y posant la Clio pour une paire d'heures. Puis le gars il arrive aux caisses du Ciné Cité, et il voit des affiches partout, comme quoi y'aurait une grève des projectionnistes. Le gars il a pas trop envie d'aller voir Shrek 4 ou Toy Story 3, seuls films ayant échappé au mouvement, alors il se dit qu'il va reprendre sa caisse et partir aller manger un bout quelque part. Déjà il sent qu'il va se faire avoir une deuxième fois, parce que le parking, ben même si t'es rentré pour cinq minutes, tu payes une heure (et une heure chez Vinci c'est 2.80€, oui, monsieur). Bon, il paye, il s'installe dans sa caisse. Mais là, t'as tous ceux de la séance précédente qui se barrent, et tous ceux de la séance annulée qui veulent faire pareil. Et le gars il fait cinq mètres en 1/4 d'heure dans le parking souterrain. Voyant qu'il en a encore pour 3/4 d'heure à ce rythme là, il se dit qu'il va se regarer, et aller manger un bout sur place. Alors le gars il fait le tour des quelques tables, toutes bondées cause jour férié et pas de ciné, et puis il finit par se poser au Frog, qu'il avait fréquenté régulièrement fut un temps. Et là, le gars il croit voir jouer le meilleur sketch de la journée : le coup du serveur amnésique. Le genre de mec à te dire que, ben ouais, le cheese il est bien en commande, mais y'a une demi-heure d'attente en cuisine, alors que comme ça fait 20 minutes que t'attends (déjà au moins 30, en fait), ben tu vas encore poireauter 10 minutes. 20 minutes plus tard, alors que le voisin de table avait déjà mis une plombe à avoir son cheese-cake ("oui oui, ils sont en train de le faire" - arf, un cheese cake fait maison dans un endroit pareil, la blague), tu lui redemandes, hein, des fois qu'il se soit paumé. "Oui oui, ça va arriver". Cinq minutes après, il se repointe la gueule enfarinée, voit à la tronche que tu tires que tu commences à trouver la farce moins drôle (j'ai beaucoup moins d'humour quand j'ai faim) et te demande d'un air angélique : "vous attendez quelque chose ?" Bizarrement, quand tu te mets la tête dans les mains en te demandant comment il a pu oser, ça lui revient le coup du cheeseburger. Qui arrivera finalement après plus d'une heure d'attente, servi par quelqu'un d'autre. Viande trop cuite, pain trop sec, fromage même pas fondu. J'ai oublié le prix, je crois que j'ai fait un blocage.
Des fois, le vrai fast-food, ça a du bon. Un cheese au McDo, ça coûte 6 fois moins cher, t'attends 20 fois moins longtemps, et en plus c'est meilleur. Par contre, c'est clair, tu t'en souviens moins longtemps.
Merci UGC, merci le Frog, merci Vinci pour cette excellente soirée. Sauf averse neigeuse la prochaine fois on ira en bécane.

vendredi 26 mars 2010

Lucidididi...

Si vous êtes un
"Ingénieur Mécanicien, spécialisé en conception mécanique, sachant coordonner des projets dans leur totalité (définition du besoin, rédaction du cadre du projet et du plan de qualification, définition de la chaîne cinématique sous Ansys et des spécificités technique), encadrer une équipe (divers techniciens, dont dessinateurs projeteurs), définir des taches, des dates et des jalons pour structurer un projet de groupe, avec :
- 3 à 5 ans d’expériences à des postes similaires dans le domaine aéronautique
- Une très bonne maîtrise de Catia V5 R18, du calcul d’éléments finis et de la plasturgie
- La connaissance des actionneurs, des trains d’engrenage, des roulements et la définition des cotations fonctionnelles serait appréciée
- La connaissance/maîtrise de SAP est également requise

Si vous cumulez toutes ces qualités, eh bien la société Oktes vous propose un poste en Idf rémunéré ... 27 à 28 k€.
http://offre-emploi.monster.fr/getjob.aspx?JobID=86627053
Le tube de vaseline est offert.


(Titre emprunté à Jean Leloup)

mercredi 3 mars 2010

Gestion des compétences

Imaginons[1] qu'une grande entreprise propose, afin de réduire sa masse salariale, un plan de départ volontaire à ses salariés : "si toi bien vouloir partir, nous offrir plusieurs mois de salaire à toi". Dans un contexte économique tendu[2], on peut aisément imaginer que les premiers à prendre le risque de poser leur démission seront les plus aptes à retrouver rapidement un poste, donc ceux ayant la valeur ajoutée la plus évidente sur le marché de l'empois (tm).
Que peut-on dès lors penser à la lecture des propos du directeur général de cette entreprise, qui un an après la mise en place de ce plan, affirmerait[3] :

"On a réussi à absorber ce plan sans pertes de compétences non rattrapables."


Ah, certes, je suis chafouin, tout étudiant ayant suivi le module rhétorique 101 objectera qu'à de rarissimes exceptions près, une perte de compétence est toujours rattrapable. Il eût été intéressant que ce cadre dirigeant précisât à quel horizon : combien de temps faut-il pour ramener une équipe à un niveau d'efficacité comparable, après le départ d'un élément ? Trois mois, six mois, un an ? Le même monsieur qui prêche un peu plus loin la course à la compétitivité ("Une usine automobile qui arrête d’améliorer sa productivité ne rattrapera pas son retard") ne trouve-t-il pas ça contradictoire ?

Eh bien non monsieur P., je ne suis pas d'accord : une entreprise qui laisse partir 7000 personnes aussi rapidement, sans pouvoir préparer la relève (puisque, par définition, il faudrait pour cela embaucher des remplaçants), ne rattrapera jamais intégralement les compétences envolées.
Je ne suis d'accord ni pour pousser à ce point cette conception holistique de l'entreprise niant la plus-value apportée par chacun, ni pour en arriver à imaginer qu'elle puisse fonctionner au même niveau de performance, indépendamment du travail, de la vision, et de l'expérience de chacun de ses membres.

Mais bon, comme dirait l'autre : " Mais bon ..."

Notes

[1] C'est évidemment un exercice de pensée, toute ressemblance avec des faits réels ... bla bla bla ...

[2] C'est évidemment un exercice de pensée, toute ressemblance avec les évènements survenus depuis fin 2008 ... bla bla ...

[3] Ces propos sont évidemment imaginaires, toute ressemblance avec une interview publiée dans un grand quotidien français ne serait que pure coïncidence