Quelques prix de vente en primeur viennent de sortir pour le millésime 2008, répondant pour la plupart aux questions que se posaient les observateurs assidus[1] du marché bordelais : les domaines tiendront-ils compte de la réalité du marché (la Criiiiiise (tm)), ou s'enferreront-ils jusqu'au bout dans une logique de vendeurs de luxe et de rêve ?

Sur 1855.com, Leoville Barton 2008 est proposé à 29€ HT, contre 37€ pour le 2007, et 75€ pour le 2006 (sur wineandco.com, le 2005 se vend maintenant, hors du circuit des primeurs, à 216€).

Je recevais hier, comme tous les clients de Chateau Online, un mail annonçant pour Latour un tarif de 140€ HT pour le 2008, soit un "prix en baisse de 120 € par rapport à 2007 et de 250€ par rapport à 2006 !". François Mauss nous donne sur le blog du GJE le prix auquel il est vendu aux négociants : 110€ (et 200€ pour le 2007). Première information : la marge pratiquée par les intermédiaires entre le domaine et les particuliers est de 30%.

Le mouvement continue avec Mouton-Rotschild, dont ce millésime 2008 est annoncé à 100€ départ domaine, alors que le 2005 se trouve sur le net à plus de 800€ (sur les sites marchands, hors eBay).


Pour l'instant la réponse est donc sans ambiguïté : oui, les bordelais ont tenu compte des avertissements entendus un peu partout (de nombreux clients, notamment américains, menaçant de ne plus rien acheter si une sévère correction n'était pas appliquée), et ont reposé un pied sur terre. De là à considérer qu'un prix de 150 ou 200€ pour une bouteille de vin est redevenu "raisonnable", il y a encore un pas ...

Notes

[1] dont je ne fais pas partie, les prix stratosphériques atteints depuis cinq ans me laissant relativement froid, avec juste le regret de ne pas être né dix ans plus tôt