Curiosity

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dimanche 16 juin 2013

Prépa

"Le problème de la classe préparatoire, ce n’est pas la classe préparatoire. C’est le discours et le fantasme qui l’accompagnent à chaque instant. Quand admettrons-nous enfin que les étudiants de classe prépa ne sont pas la crème de la crème mais simplement des postulants à des formations diverses ?"
(Rue89, 29/05/2013)

mardi 28 mai 2013

Comment ouvrir une bouteille de vin ?

Le cérémonial d'ouverture est indiqué ici. En suivant scrupuleusement un tel protocole, la bouteille ne PEUT PAS être mauvaise. Je ne résiste pas à la tentation de le reproduire ... (hat tip to Frédéric B.) :

- Mise de la bouteille à la verticale 8 jours avant l'ouverture
- Nettoyage de la bouteille 6 jours avant l'ouverture, avec un chiffon doux (pour la liste des marques homologuées, se rendre à la section C.17 du manuel, paragraphe 3, premier codicille)
- 4 jours avant l'ouverture, il convient de faire écouter à la bouteille une musique destinée à la mettre en condition: Requiem allemand de Brahms, Stabat Mater de Pergolese, Ode à la Reine Mary de Purcell, 2e symphonie de Mahler 4e mouvement "Urlicht", Nocturnes de Debussy, répertoire du groupe Abba.
- 3 jours avant l'ouverture, régler le thermostat de la maison sur 15,5°C, et couvrir les fenêtres de drapures ornées d'un blason de sinople à la panthère d'argent, armée et accornée de gueules. Aller voir son confesseur.
- 2 jours avant l'ouverture, commencer un régime hyposodé, et bannir les viandes rouges, volailles, abats, poissons de roche, oeufs de caille, brocolis, choux chinois, pain de seigle, huîtres (à l'exception des n°2 et n°3), oursins et fromages de brebis.
- La veille de l'ouverture, respecter un silence absolu, quelle que soit la situation (la maîtrise du morse, de l'alphabet sémaphore et de la langue des signes est vivement recommandée pour pouvoir communiquer avec son conjoint, son facteur, sa maîtresse, ses enfants, son chien), et ne plus absorber que du thé noir et des olives. Veiller également à couper le téléphone, l'électricité, l'eau et le gaz.
- 8h avant l'ouverture, se parer d'un smoking blanc, et réciter une action de grâces, agenouillé devant la bouteille, dans une attitude de respectueuse soumission. Remercier Dieu, sa maman, le caviste, le vigneron, la mère nature, le soleil invaincu, les levures de fermentation, tata Jacqueline et les forêts de chène liège. Il est conseillé de rester agenouillé 4h: une durée trop courte pourrait perturber le protocole, qu'il conviendrait alors de recommencer depuis la mise à la verticale de la bouteille.
- 4h avant l'ouverture, prendre précautionneusement la bouteille et la transporter dans une arche scellée (un propitiatoire surmonté de deux chérubins, rappelant l'arche d'alliance, sera vivement apprécié par le vin) jusqu'au lieu de dégustation.
- 2h avant l'ouverture, récupérer la bouteille dans l'arche et la saisir délicatement, pour en saisir l'essence et les vibrations cosmiques. Laisser passer le flux transmigratoire jusqu'à vos synapses, ce qui permettra de ne faire qu'un avec le grand tout et de comprendre la logique de l'univers et du vivant.
- Ouvrir la bouteille avec un screwpull en bois d'ébène du Mozambique, avec des gants blancs, tandis que votre conjoint passera en disque microsillon l'hymne à la joie (cette opération devra être renouvelée autant de fois que nécessaire, et jusqu'à 24h après la dégustation).
- Verser le vin dans des verres consacrés (le protocole ne donne pas d'indication précise sur la nature de la consécration, mais cela semble excluer de facto les verres Goldorak, Maya l'abeille et Capitaine Flam).

mardi 21 mai 2013

Vis ma vie de triumphiste

Hier soir, je me félicitais de la bonne volonté affichée par ma rose anglaise, qui n'avait pas manifesté de signe de mauvaise humeur depuis plusieurs mois, et qui se révélait en outre de plus en plus agréable à conduire. Ce matin, je cale au premier feu en partant de chez moi, assez brutalement ... et je n'ai jamais redémarré ! "Sans doute une roue libre de démarreur", dit le triumphiste blasé, en entendant le bruit de crécelle.

Ci-dessous une synthèse postée en novembre 2010 sur la mailing-list jeroulentriumph des épisodes précédents :

Mon expérience, qui ne vaut que ce qu'elle vaut, et n'est évidemment pas applicable les yeux fermés à une bécane plus récente comme le Street, dont les gènes sont différents : Speed Triple 955 mod.2002, achetée il y a 2.5 ans à une connaissance (mais ça n'était pas une première main) avec 18000 kms au compteur

Jeu aux soupapes effectué par le proprio précédent au moment de me la laisser (ça faisait partie du deal) => quelques soupapes au mini voir hors tolérance => à surveiller, et ne pas faire l'impasse en se disant que ça attendra la prochaine révision

Un aimant de prise de compteur explosé un peu après 20 kkms
=> 160€ sjmsb
Version "optimiste" : le pb est apparu env. 2000 kms après un changement de pneu avant chez Cardy, il n'est pas exclu qu'un serrage au pétard un peu généreux en soit la cause

J'avais fait quelques modifs électriques pour adapter des xénons et des additionnels en vue de l'Ultimate Rally auquel j'ai (partiellement, de fait) participé en 2009. L'alternateur a cramé au petit matin, après 600 bornes de roulage de nuit. N'étant pas électricien de formation, je me garderais d'en imputer toute la responsabilité à un sous-dimensionnement "génétique". Mais je me dis quand même que si la moto n'a pas pris feu tout de suite c'est que mon montage était potable, et en récupérant (a posteriori helas) des infos un peu partout, on a quand même la confirmation que le circuit de charge de ces bécanes reste un point faible, et il semblerait que ce soit tjs le cas des Street
=> bref, un premier séjour longue durée chez Diagonale, un alternateur à 700€ et surtout quasi trois mois d'attente

Au printemps 2010, changement de roulements de direction, effectué par le mécano chez qui je laisse mes bécanes (ainsi que celle de madame) depuis que je n'ai plus le temps ni la place de faire l'entretien, plutôt confiant a priori en son boulot.
=> roulement supérieur explosé 500 bornes après
La faute à pas de bol sûrement, ou à un serrage un peu généreux de la part du mécano mais je dois dire à sa décharge qu'en voyant le roulement arriver (commandé et envoyé par Diagonale) il m'avait dit "houla, ça a pas l'air terrible comme qualité ça ..."

2 mois plus tard, démarrage aléatoire, clairement pas dû à une batterie en mauvais état (elle avait 6 mois, et quand elle voulait bien partir la moto démarrait au tiers de tour). Au bout de quelques semaines elle a fini par ne plus démarrer du tout, ce qui lui a valu un nouveau voyage chez Diagonale, couplé à une révision des 40000.
Verdict : roue libre de démarreur HS
=> 700€ rien que pour la roue libre, +800 pour le reste de la révision (dont un kit-chaine)
(+ quelques aller-retours à Montesson pour résoudre des problèmes de réglage moteur non satisfaisant en sortie de révision)

Billets connexes :

Mais bon, heureusement, il y a eu de bons moments :

Et ceux-là, que je ne sais pas dans quelle catégorie ranger :

samedi 18 mai 2013

Perles

"Quand le bébé il sort, c'est la maman qui décide si c'est une fille ou un garçon ?"

"-Je me souviens plus, j'ai un trou.
- T'as un trou où ?"

jeudi 2 mai 2013

Obsolescence programmée

There are only two kinds of reliability engineers: those who say “Data is the problem” and those who say “Data are the problem.”


L'obsolescence programmée est le sujet de discussion économico-conso-environnementaliste tarte à la crème de ces derniers mois. Mais la préoccupation n'est pas nouvelle ...

En 2006, j'avais cité un article du New York Times illustrant le fait que les consommateurs renouvellent leurs achats électroniques avant qu'ils ne s'usent, tout simplement parce que les nouveaux objets font plus de choses, mieux et plus rapidement que les précédents, rendant indirectement caduque la théorie du complot obsolescent (tm)

En 2009, j'avais parlé d'extension de garantie, et évoqué une première fois à cette occasion le mythe de la durée de vie calculée "juste comme il faut", sujet sur lequel je vais revenir un peu plus loin.

En 2011, peu après la diffusion du documentaire (évidemment à charge) d'Arte "Prêt à jeter", Alexandre Delaigue avait écrit un long premier billet sur le sujet ("Le mythe de l'obsolescence programmée"), qui avait suscité moult commentaires, et fait d'Alexandre le héraut de la lutte contre la diffusion de ce mythe, les médias l'invitant dès lors qu'il fallait trouver un opposant aux conspirationnistes. Pour faire court, je résumerais son article en disant que réduire la durabilité d'un produit n'est d'une part pas forcément un bon choix stratégique dans un milieu concurrentiel, et d'autre part que la durabilité n'est qu'une des qualités souhaitées quand on achète un bien de consommation, qui résulte de compromis avec d'autres qualités (coût, praticité, nouveauté, design). Ce n'est donc pas la seule qualité que client et industriel privilégient ...

Plus récemment, on peut lire d'intéressants billets chez Tom Roud (La reine rouge de l’obsolescence, j'y aime bien le concept d'obsolescence entraînée) et chez Dr Goulu (L’obsolescence est-elle programmée ? , où l'on trouvera notamment une synthèse de la biblio disponible sur le sujet, dont le moins que l'on puisse dire est qu'elle n'est pas très riche, ni concluante quant à la pertinence du mythe en question)

Je souhaite pour ma part en remettre une couche sur le thème "on ne sait pas maitriser la durée de vie d'une pièce à quelques mois près" (par exemple pour qu'elle tombe en panne juste après la fin de la garantie). Je suis d'accord pour dire que l'obsolescence fait partie de l'équation économique, mais, j'insiste, on ne sait pas la programmer[1]

On ne sait pas programmer l'obsolescence car :

- La dispersion est considérable à l'échelle du matériau : si l'on prend deux éprouvettes issues du même acier, dans un même lot fournisseur, et qu'on réalise le même essai de tenue en fatigue sur ces pièces, on peut obtenir des durées de vie variant du simple au double. La courbe de Wöhler, qui caractérise la durée de vie d'une éprouvette (on parle en nombre de cycles) à un niveau d'effort donné est caractérisée pour une probabilité de rupture de 50%. Si l'on regarde cette courbe, on voit que pour un niveau de contrainte de 200 (MPa = MégaPascal), on a une durée de vie de 1000 cycles. Cela signifie qu'après 1000 cycles, 50% des échantillons auront cassé. Mais cela ne dit rien sur la dispersion des durées de vie : certaines éprouvettes peuvent casser au bout de 700 cycles, d'autres au bout de 1400 cycles. Je sais qu'on rentre ici dans une discussion certainement trop technique, mais j'ai quand même uploadé (ici) une feuille excel toute bête[2] qui illustre rapidement la notion de dispersion de durée de vie, fondamentale en fiabilité, et relativement bien caractérisée par la loi statistique de Weibull. Le paramètre β (voir par ex sur wikipedia) est celui qui quantifie cette dispersion. En électronique, β est proche de 1, ce qui signifie que le taux de défaillance est presque constant dans le temps : votre iPhone a autant de chances de tomber en panne cette semaine que dans un an ... En "mécanique" (où la défaillance intervient plutôt pour des questions d'usure), β est plus élevé. On trouve par exemple ici une base très approximative des ordres de grandeur pour des composants "simples" (roulements, joints, etc ...). On voit qu'une estimation haute du paramètre β est de 4 à 6. Or même pour de telles valeurs, le 4e onglet de la feuille excel mentionnée ci-dessus montre que la durée de vie varie grosso modo de 500 à 1300 heures, soit presque un facteur 3. Et plus β est faible, plus les durées de vie sont dispersées ...

- Il faut rajouter la dispersion due au process de fabrication, qui intervient quand on passe du matériau "de base" à la pièce finie : les pièces de fonderie de grande série, par exemple, sont fabriquées à partir de moules. Ces moules s'usent, ce qui fait que les dimensions des pièces qui sortent d'une chaîne varient selon qu'on les prélève juste après un changement de moule, ou juste avant. Dans le même ordre d'idée, un moyen industriel de serrage n'est pas _parfaitement_ répétable : le couple de serrage garanti par une visseuse industrielle varie avec une tolérance de +/-5%

- Plus important encore : on sait peu de choses sur ce qu'on appelle les usages clients. Je prends l'exemple de l'automobile, que je connais assez bien :) Entre un jeune excité et un petit vieux tranquille, entre un VRP qui ne fait que de l'autoroute (et sollicite donc surtout moteur et roulements de roue, mais assez peu les pièces de suspension) et un urbain qui ne roule que sur des pavés (usage au contraire sévère pour les pièces de suspension, mais pas pour le moteur) ou dans les bouchons (l'embrayage ...), entre un client qui roule en France et un autre au Brésil, il y a une diversité de profils considérable ... On est donc forcément obligé de faire des hypothèses, aussi bien sur le type d'utilisation que peut avoir un client dit sévère, que sur l'influence d'une sévérisation de l'usage sur la durée de vie. Encore un petit passage avec des formules, désolé : pour une pièce mécanique, cette influence se retrouve dans la pente de la courbe de Wöhler évoquée un peu plus tôt. Si on se repenche sur cette courbe, on voit que quand on augmente la contrainte (la sollicitation, c'est la même chose) de 200 à 260 MPa, soit une augmentation de seulement 30%, la durée de vie passe de 1000 à 100 cycles : elle est divisée par 10 ... Dans le domaine normal de fonctionnement d'une pièce métallique, on peut retenir l'approximation suivante : une augmentation de 10 à 15% de la sollicitation revient à diviser par 2 sa durée de vie !

- lorsqu'on recherche une fiabilité "suffisante" dans un contexte de grande série, on vise des taux de défaillance très faibles pendant la période de garantie, mettons inférieurs à 1 pour 1000 par exemple (ordre de grandeur évidemment variable d'une industrie à l'autre, inutile de chipoter là-dessus pour la suite de l'argumentation). Pour pouvoir démontrer une telle fiabilité, il faudrait donc pouvoir tester 1000 pièces, dans des conditions les plus proches possibles d'un usage client réaliste, et montrer qu'on n'a, au maximum, qu'une seule défaillance. C'est, sauf très rares exceptions, complètement irréaliste. On est donc obligé de sévériser les essais, ce qui permet d'obtenir des défaillances en testant moins de pièces, et conduit à des essais plus courts, compatibles avec des plannings industriels. On s'appuie donc sur des hypothèses (eh oui, encore) sur la pertinence de la relation d'équivalence que l'on construit entre un essai réaliste mais trop long, et un essai plus court mais plus sévère. D'où le petit topo ci-dessus sur la pente de la courbe de Wohler ... Comme cette relation d'équivalence varie d'un matériau à l'autre, d'une condition d'usage à l'autre, c'est encore une couche d'incertitude que l'on ajoute dans le processus de détermination de la durabilité.

J'espère que ces premiers éléments suffisent à convaincre un lecteur peu au courant des questions de fiabilité que la prédiction d'une durée de vie est un exercice très difficile, et que l'on ne sait absolument pas "programmer" des pièces pour qu'elles défaillent toutes dans les semaines qui suivent la fin de garantie. On vise au contraire des durées de vie bien supérieures, en espérant que notre connaissance des mécanismes de défaillance soit suffisante pour que, compte tenu des dispersions, le taux de défaillance soit très faible avant la fin de la garantie, et augmente ensuite progressivement. Allez, une dernière application chiffrée pour illustrer tout ça (résultat que ceux qui veulent jouer avec la feuille excel pourront facilement retrouver) : si je veux qu'une pièce dure 1000 heures avec une fiabilité de 99% (soit une seule pièce défaillante sur 100 pendant cette durée), et en partant sur l'hypothèse d'un paramètre β=2, il faudra patienter plus de ... 8000 heures pour que 50% des pièces cassent.

Notes

[1] sauf car rarissimes, comme la légende -dont je ne sais toujours pas si elle est fondée- de l'imprimante Epson dont une puce compte le nombre d'impressions et met l'imprimante en défaut une fois une certaine limite atteinte, indépendamment du niveau réel d'encre dans les cartouches. Ceci dit, sans vouloir jouer à l'avocat du diable, peut-être que le fait d'imprimer avec un niveau faible donc une encre sans doute dégradée conduit à une dégradation accélérée des buses, ce que le compteur permet d'éviter. Bref ...

[2] on trouve un exercice similaire sur contrepoints, qui s'appuie hélas sur une loi "incorrecte" (décrivant moins bien la réalité), ce qui ne remet par contre pas en cause les conclusions de la démonstration

vendredi 26 avril 2013

Budgets motoGP

J'avais déjà fait la pub de l'excellent forum pit-lane.biz, sur la section technique duquel les intervenants de qualité ne manquent pas. Du monde semble notamment s'être mobilisé autour de l'inénarrable Eric Offenstadt, sur un concept de suspension homocinétique (j'essaierai de faire un résumé, un peu plus tard, parce que la lecture de ses messages peut se révéler ... disons ... fatigante - à éviter absolument aux épileptiques en tout cas). Le projet s'appelle Geco (allez, du courage, il n'y a que 49 pages sur ce topic, sans compter les discussions éparpillées ailleurs), il a même son groupe facebook (ce qui augure d'une réussite certaine - bah quoi ?), et les medias spécialisés s'y intéressent doucement (ici sur eurosport.fr) où l'on peut lire que l'ambition finale est d'aller un jour en motoGP. Le financement est evidemment un gros point dur, et même si les dons se sont multipliés, j'ai cru lire que le total s'élevait pour l'instant à une quinzaine de milliers d'euros. Je me doute bien que l'objectif est d'abord d'établir un Proof Of Concept, mais quand même ...

En 2009 le budget de Tech3, meilleure équipe privée du plateau, était déjà de 7 millions d'euros :

4.9 millions d’euros proviennent des sponsors (...) Il y a ensuite l’aide de la DORNA qui verse 2,1 millions d’euros au team français (...) Au chapitre des dépenses, il y a le premier poste : la location des motos et le SAV qui va avec pour la coquette somme de 3 millions d’euros. 2 millions d’euros servent au bon fonctionnement de la structure : employés, bureaux, camions. Tech 3 emploie 25 personnes. Ceux qui chevauchent ces bêtes à plaisirs sont très bien payés face à nos petits salaires. Cette année Toseland et Edwards recevaient chacun 1 millions d’euros pour se taper la bourre le week end entre copains. Il y a pire comme métier ! A titre de comparaison, Rossi émarge à 15 millions d’euros par an.



En avril 2012, Honda et Yam râlaient contre le projet de la Dorna de limiter les budgets à 15 millions d'euros :

(...) voici l'idée du plafond de 15 millions d'euros à ne pas dépasser pour les équipes qui dérange à la fois Honda et Yamaha. Pour les deux blasons japonais, en effet, si l'idée de limiter les coûts est tout à fait louable, ce biais est à écarter puisque impossible à évaluer. "C'est une chose impossible à réglementer" confirme ainsi Shuhei Nakamoto, vice-président du HRC. "Comment pourrait-on quantifier ce qui est dépensé en recherche et développements ? Nous sommes d'accord sur la philosophie consistant à réduire les coûts, mais 15 millions d'euros est une somme impossible à tenir en ce qui nous concerne. 20 millions me paraît être plus réaliste. C'est un budget raisonnable pour un constructeur qui veut rejoindre le Moto GP."

Mais bon, c'est un argument de "gros", normal. Si on regarde chez les plus petits, voici quelques estimations datant de fin 2011 :

"D'après certaines estimations, une Honda dernier cri 2012 se négociera à trois millions d'euros. Pour carrément moitié moins de cette somme, vous pourrez vous offrir une Suter-BMW. Ou une FTR-Aprilia, si cette machine voit un jour la lumière. C'est tout de même une somme pour finir, quoi qu'il arrive, dans les derniers, et évoluer, au mieux, à quatre secondes au tour."

Bref, il va falloir qu'il marche fort le premier proto Geco, pour que les dons changent d'échelle !

Edit : cet article de 2009 mentionne un budget de 46 M$ pour la saison 2008 de Kawa !

Edit 2 : encore un article sur Classic Courses !

Il est pas beau, mon boulot ?

Comme tous les ans, on voit fleurir des études venant d'outre-Atlantique sur les "meilleurs" et "pires" jobs à avoir. C'est amusant, ça donne une photo intéressante de l'état d'esprit d'un pays à un instant donné (mieux vaut quand même comparer les études d'un même cabinet, afin d'avoir une vague chance que la méthodo reste cohérente). En 2013 donc (voir ici sur careercast), le meilleur c'est ... actuaire (!), et le pire ... journaliste de presse écrite (!!). Il serait encore plus intéressant d'avoir, toujours à méthodo identique, une idée de ce qui se répond dans d'autres pays. A quoi rêvent les chinois, les australiens, les suisses, les égyptiens ?

(Je n'ai même pas cherché, mais je doute que mechanical engineer y figure)

mercredi 24 avril 2013

Coût de production d'une bouteille de vin ... et prix d'un hectare de vignes

Dans cet article écrit par Antonin I-A, on lit cette info relative au coût de production, qui donne un ordre de grandeur sur lequel les vignerons communiquent rarement :

Jean-François « Jeff » Coutelou, artisan vigneron à Puimisson (34) dans le Languedoc, a une manière très simple de fixer ses prix : « Mes coûts de production sont d’environ 6 000 euros à l’hectare. A partir de là, je définis mon prix de vente. »

6000€/ha, avec un rendement de 40hl/ha, ça fait à peine plus d'1 euro par bouteille ... J'ai du mal à comprendre comment ça lui suffit pour fixer un prix.

Et sur le site du JDN, on trouve les prix moyens 2011 du marché foncier viticole, calculés sur la base des transactions de l'année (donc pas forcément représentatifs : seulement 14210 hectares se sont échangés, pour une superficie totale d'environ 800 000 ha[1]). Ze winner ize, sans grande surprise, la Champagne :

  • Champagne 801 538 €/ha
  • Alsace-Est 125 000
  • Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura 95 616
  • Bordeaux-Aquitaine 60 714
  • Vallée du Rhône-Provence 45 349
  • Corse 43 333
  • Charentes-Cognac 20 108
  • Val de Loire-Centre 14 220
  • Sud-Ouest 11 698
  • Languedoc-Roussillon 10 939

Il serait évidemment intéressant d'avoir une ventilation un peu plus fine (surtout pour le package Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura, sur le papier franchement hétérogène), mais bon ...


Billets connexes :

Notes

[1] la position de la Corse dans le classement ci-dessous, avec seulement 30 ha échangés, en est une bonne illustration

mardi 16 avril 2013

Sous-estimation du coût d'un projet

Peut-on imaginer que la sous-estimation (qui semble) systématique des coûts relève de la bonne foi ? La réponse apportée par cette étude est sans grande surprise :

This article presents results from the first statistically significant study of cost escalation in transportation infrastructure projects. Based on a sample of 258 transportation infrastructure projects worth US$90 billion and representing different project types, geographical regions, and historical periods, it is found with overwhelming statistical significance that the cost estimates used to decide whether such projects should be built are highly and systematically misleading. Underestimation cannot be explained by error and is best explained by strategic misrepresentation, that is, lying.

Underestimating Costs in Public Works Projects: Error or Lie? (arxiv.org, 06/03/2013)

L'extrapolation à d'autres secteurs que celui des infrastructures routières est tentante ...

lundi 15 avril 2013

Bitcoin

Le meilleur article de présentation que j'ai lu sur le sujet : Bitcoin pour les nuls, chez Ploum