Curiosity

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dimanche 2 mars 2014

Santé économique des exploitations viticoles

Un résultat financier en hausse en 2013 :

Malgré la très faible récolte viticole de 2013, le résultat moyen des exploitations viticoles pour l’année passée devrait être en nette progression par rapport à 2012 (...) ceci grâce à une conjoncture favorable sur les prix, liée à la faiblesse des stocks disponibles. En viticulture, celui-ci atteindrait 52.600 € pour 2013, contre 39.600 € en 2012 et 47.800 € en 2011. Avec une moyenne triennale de 46.700 € sur la période 2011-2013, le revenu viticole excèderait donc de 40 % celui de l'ensemble des exploitations, « mais avec de fortes disparités selon les exploitations » indique également le rapport.
(viti-net.com, 07/02/2014)

Mais pourtant, à Bordeaux :

En 10 ans, Bordeaux enregistre un recul sans précédent : en 2004, 10 539 déclarations de récoltes étaient faites auprès des douanes, en 2013 seulement 7 379 ! Plusieurs facteurs expliquent cette baisse: l’âge élévé des exploitants et la difficulté de transmission (aujourd’hui la moitié des viticulteurs ont plus de 50 ans et 35 % au dessus de 55 ans, ce qui veut dire que la relève est loin d’être assurée), mais aussi et surtout la crise qui a touché de plein fouet le vignoble… La superficie du vignoble n’a pas connu la même baisse: en 2004, 122 874 hectares, en 2014 113 795. La superficie moyenne de l’exploitation est passée de 11,65 ha à 15,42 ha. Il y adonc eu un phénomène de concentration, comme pour la culture des céréales il y a quelques années.
(Côté chateaux, 14/02/2014)

lundi 3 février 2014

Encépagement du vignoble mondial

Le Wine Economics Research Centre de l'université d'Adelaïde a mis en ligne une somme colossale d'informations à propos de l'encépagement du vignoble mondial. Les plus curieux pourront aller chercher les informations directement à la source, je me contenterai ici d'un "petit" résumé.

4 pays (Espagne, France, Italie, USA) dominent assez clairement le vignoble mondial en termes de surface plantée, de volume et de valeur produites :





En dépit du nombre de cépages recensés dans l'étude (environ 2000), un petit nombre domine assez nettement les surfaces plantées. On voit ici qu'une quinzaine de cépages occupent à eux seuls 50% de l'espace. Le phénomène de "concentration" dans le temps est également visible : les cépages dominants le deviennent de plus en plus (du moins sur la période 2000-2010)





La part des cépages dominants diffère selon que l'on détaille les vignobles du Nouveau Monde ou de l'Ancien :





Le cépage le plus planté en 1990 était ... un parfait inconnu (en tout cas de moi) : l'airén. Utilisé majoritairement pour obtenir des eaux-de-vie, planté à très faible densité, c'est lui qui explique en grande partie "l'anomalie" espagnole du premier graphique. On voit également (en vert sur le graphe ci-dessous) l'émergence de cinq cépages (merlot, cabernet-sauvignon, chardonnay, tempranillo et syrah) dont les superficies plantées ont explosé en 20 ans





En réorganisant par ordre d'importance en 2010, on voit que le tableau a pas mal changé :





Sur la seule période 2000-2010, voici les surfaces nouvellement plantées :





... et celles arrachées

Contrôle

"Je me contrôle, tu me contrôles, nous nous contrôlons, ils nous contrôlent. Il y aurait comme une fractalisation de la surveillance, de la gestion et du contrôle qui fait qu’entre la mère qui s’introduit sur le facebook de sa fille, le recruteur qui scanne les failles d’un candidat sur le web, le mari qui lit aussi bien les SMS reçus par sa femme que ses factures de carte bleue, le vieux qui fait surveiller sa résidence secondaire par webcam à déclencheur de mouvement et la NSA, tout là-haut, qui surveille Alcatel, Merkel, Duschmoll ou Strauss-Kahn, il y a un même motif récurrent, le même pli sordide, la même économie de désir centrée sur la prévention, la peur et la sécurisation à outrance de ce qui peut surprendre, dévier, vivre."
701 000 heures de garde-à-vue (Alain Damasio)

dimanche 2 février 2014

Faut-il croire aux consommations annoncées par les constructeurs ?

La réponse en un mot : NON ! Il ne faut pas penser que l'on atteindra les mêmes résultats sur route, chaque utilisateur évoluant dans un contexte bien particulier, avec une technique de conduite propre à chacun et souvent bien éloignée de l'idéal d'une éco-conduite.

Certains articles accusent les constructeurs de faire preuve de légèreté quant aux chiffres annoncés, comme ce titre du Journal de l'Environnement , "les constructeurs tricheraient sur les tests d’émissions de CO2" :

«Au fil des années, il est apparu qu’une partie de la réduction des émissions de CO2 pour les voitures neuves en Europe ne pouvait pas être attribuable à la seule mise en œuvre des technologies de réduction du CO2», constate le rapport. En cause: les conditions de réalisation des tests d’émission, dont l’imprécision des termes ou la marge d’interprétation laissée aux constructeurs –désignées par le terme de «flexibilities» en anglais- auraient permis d’aboutir à des chiffres très éloignés de la réalité. Le rapport évoque même des «lacunes» dans la réglementation. «En sélectionnant avec attention les conditions de réalisation des tests (…), les constructeurs sont en mesure d’atteindre les niveaux d’émission de CO2 pour un véhicule donné au moment de l’homologation qui ne correspond pas à une réduction équivalente des émissions pour une conduite normale sur route.»

Ce n'est pas de la triche à proprement parler, mais plus précisément le résultat d'essais réalisés dans des conditions excessivement favorables, absolument pas représentatives d'un usage réel. Les motoristes ont énormément progressé ces dernières années, mais les gains affichés sont clairement surévalués. Le cycle de mesure qui est en cause (NEDC), sera heureusement remplacé fin 2014 par la procédure WLTP, que l'on peut espérer moins décalée par rapport à la réalité. En attendant, les pubs hasardeuses (Megane DCi 110, "1700 kms avec un plein") se font reprendre de volée ... et c'est mérité :

"C’est donc exactement au kilomètre 1156 que nous sommes tombés en panne. Notre consommation aura été précisément de 5,19 l/100 pour une vitesse moyenne de 93 km/h. Et nous avons parcouru 544 kilomètres de moins qu’annoncé dans la publicité Renault. Que faut-il en conclure ? Le constructeur a-t-il décemment menti ? On ne l’imagine pas. L’explication est ailleurs. Lorsque Renault communique massivement sur l’autonomie record de sa Megane dCi, en théorie, le constructeur dit vrai. Ce chiffre découle d’un simple calcul entre la consommation mixte homologuée (3,5 l /100 km) et la contenance du réservoir (60 litres) : 60/3,5 x 100 = 1 714,28 km. Mais il faut savoir que les consommations annoncées par les constructeurs sont exagérément optimistes et totalement déconnectées de la réalité. On ne peut leur jeter la pierre puisque l’homologation des cycles de consommations dépend d’un organisme indépendant. Il s’agit du cycle NEDC (pour New European Driving Cycle). Pourquoi déconnecté ? Car ce cycle réalisé sur un banc d’essai avec des conditions climatiques artificielles (vent, température, relief) ne comporte que de faibles accélérations pas du tout compatibles avec une conduite réelle. En outre, ni la climatisation ni les phares ne sont utilisés. La vitesse maximale est de 120 km/h et la vitesse moyenne est de 33 km/h. Si l’on se fie à l’organisme, il faudrait 51 heures pour rejoindre Lisbonne ! On ne peut donc en aucun cas prendre ces résultats constatés en laboratoire et en faire une application pratique, sur la route et dans les conditions réelles, en annonçant Paris/Lisbonne en un seul plein, l’afficher en très grand et réserver sa porte de sortie en bas de page où il est écrit en touts petits caractères « les distances et parcours proposés sont des indications théoriques et indicatives pour illustrer les performances du véhicule », que personne ne lit".

Les chiffres "d'homologation" restent d'une utilité très discutable même lorsqu'il s'agit de comparer deux véhicules : on pourrait éventuellement croire que si une voiture A consomme moins sur le papier qu'une voiture B, il en sera de même avec un conducteur au volant. Mais il est tout à fait possible que le cycle NEDC soit plus profitable au véhicule A, alors que B se révèlera en revanche plus économique pour un usage particulier. C'est ainsi qu'une Prius, aussi efficace soit-elle en milieu urbain, est une aberration dans un contexte quasi-exclusivement autoroutier.

samedi 1 février 2014

Quels souvenirs laissera Obama ?

"Dans une interview en profondeur publiée dimanche 19 janvier par l’hebdomadaire New Yorker, Barack Obama reconnaît que la théorie des grands hommes qui font l’Histoire n’est pas tout à fait celle qu’il a expérimentée en cinq ans à la Maison Blanche. « Le président des Etats-Unis ne peut pas refaire notre société, dit-il. Et c’est assurément une bonne chose. » Barack Obama indique qu’il a appris à apprécier la continuité de l’institution. « Le président est essentiellement un nageur de relais dans une rivière pleine de rapides, et cette rivière est l’Histoire. On ne commence pas avec une ardoise vide, et il y a des chances que l’on ne voie pas les fruits de ce que l’on entame. »

Un an exactement après le début de son deuxième mandat, Barack Obama est déjà presque nostalgique. Comme s’il se préparait à ne prendre qu’un modeste rang dans la lignée des 44 présidents américains. « Au bout du compte, nous faisons partie d’une histoire qui s’écrit depuis longtemps. Nous devons juste essayer de réussir notre paragraphe. »"

Obama lucide sur la trace qu’il laissera dans l’Histoire (lemonde.fr, 21/01/2014)

lundi 27 janvier 2014

Pour ou contre la gueule de bois ?

"Un chercheur britannique affirme travailler sur une forme d'alcool synthétique qui provoquerait l'ivresse sans les maux de tête et autres nausées post-alcoolisation."

Graeme Archer, du Daily Telegraph, pense que ce serait une bien mauvaise chose ... et je suis d'accord avec lui :

"Les foules d'ivrognes bruyants n'ont rien de "beau". Un état éthylique exempt de sentiment de culpabilité et de gueule de bois favoriserait la formation de ces hordes. (...) L'objectif de la cuite, c'est la culpabilité, la gueule de bois. Apprendre à gérer sa consommation d'alcool fait partie intégrante du voyage jusqu'à l'âge adulte. Ce genre de leçon de vie ne peut être compris si les choix ne donnent lieu à aucune conséquence."
The whole point of drinking is the hangover (The Telegraph, 11/11/2013) via Courrier International

dimanche 26 janvier 2014

La part de la génétique dans la performance

Une petite compil sur le sujet, ici :

... et ailleurs :

samedi 11 janvier 2014

Culinarisation de la société, ou starisation des cuisiniers ?

Un article intéressant sur telerama.fr (12/10/2013), qui fait un tour d'horizon des particularités de la gastrosphère des années 2010

"On n'a jamais autant regardé le fond de nos assiettes. Blogs, émissions de télé, photos par millions sur les réseaux sociaux, c'est une profusion digne du garde-manger de Top chef... A la fois hyper médiatisée et désacralisée, dépoussiérée et démocratisée, la gastronomie est à la mode. Conviée dans les festivals de rock et même dans les musées. Les chefs, érigés au rang de créateurs, ont quitté l'ombre graisseuse des fourneaux pour les feux de la rampe. Et le public des mangeurs éclairés et/ou branchés s'élargit toujours davantage."

La gastronomie est plus dynamique, voire éphémère :

"Comme le met brillamment en lumière Bénédict Beaugé dans un tranchant essai, Plats du jour, « cet univers qui, pendant longtemps, a cultivé une image pondérée, voire conservatrice, semble tout à coup pris d'un irrépressible besoin de nouveauté et d'innovation ». Hier, les siphons de la cuisine moléculaire. Aujourd'hui, les herbes sauvages et les légumes-racines. "

Les chefs sont mis en scène :

La scène se passe au printemps 2013, à la Mutualité. Dans la salle mythique du Quartier latin qui vibra des concerts de Léo Ferré et des congrès de la gauche française, c'est un autre Marx qui fait rêver les foules. Thierry Marx, le bonze à crâne chauve et baguettes, ténor de la gastronomie moléculaire, est venu pour un récital public au piano de cuisson. Pectine de pamplemousse, huître et jasmin, un cours d'(al)chimie retransmis sur écran géant.

« Rock star ? Non ! se défend la vedette du moment, le Danois René Redzepi, à la tête du Noma, à Copenhague. Vous ne pouvez pas faire un tube avec du jambon, il n'y a pas de musique qui sort d'une asperge ! » N'empêche, une nouvelle génération de cuisiniers aussi décontractés que connectés et médiatisés tend, par son style et ses codes, à se rapprocher davantage des extravagances de la scène pop que de l'artisanat en blouse à cocarde des meilleurs ouvriers de France.

Chefs comme clients aspirent à davantage de proximité :

« Les jeunes chefs n'ont plus envie de rester au fond de leur cuisine. Et les clients ont envie de voir ce qui s'y passe. » Nombreux sont les restaurants gagnés par la mode de la cuisine ouverte ou semi-ouverte. Le jeune chef brestois ­Romain Pouzadoux a franchi le pas au printemps dernier : « Il faut mettre un peu en scène la cuisine, c'est devenu un métier qui séduit. En même temps, on est à une époque où les gens ont besoin de savoir ce qu'ils mangent. Ouvrir la cuisine, c'est une manière de leur dire : "Regardez, on n'a rien à cacher, on fait tout nous-mêmes", c'est un peu comme un label. » Même son de cloche chez Bertrand Grébaut, qui dresse ses assiettes face aux clients : « La cuisine ouverte valorise un boulot que l'on cachait autrefois. C'est plaisant pour les gens parce que ça produit une animation dans le fond de la salle, on voit ce qui se prépare, ça réchauffe une atmosphère.

Les chefs, autrefois piètres communiquants (involontairement ou non), font désormais partie intégrante des réseaux sociaux :

« Il y a vingt ans, partager les recettes entre chefs, c'était hors de question ! sourit Romain Pouzadoux. Avec les réseaux sociaux, il y a un travail d'éponge, de synthèse qui est intéressant. Quand on est un peu loin de tout, comme ici à Brest, ça permet de se tenir au courant, et aussi de se faire connaître. » D'exister auprès du public, hors de la reconnaissance de la critique gastronomique traditionnelle.

Les modes culinaires évoluent presque à la manière de mèmes, de façon quasi-virale :

« C'est ainsi, s'amuse Beaugé, que la planète tout entière s'est mise succes­sivement aux espumas, aux gelées chaudes, aux verrines, aux fleurs des champs, et depuis peu, au cru, voire au vivant. »

Aujourd'hui c'est le terroir, le naturel qui est remis en avant :

Après le scientisme des expérimentations moléculaires, le naturel revient au galop. S'installe peu à peu une tendance végétale, saisonnière et locavore, inspirée par les herbes sauvages et les légumes d'antan. Un courant qui s'inscrit dans le sillage de la gastronomie scandinave dite « supernaturelle », entraînée par le Danois René Redzepi, qui travaille lichens, baies sauvages, terre, peau de lait, et donne à croquer des crevettes vivantes. Cette philosophie du retour au terroir et aux (légumes) racines est portée par une génération de chefs qui se découvrent l'esprit vert, valorisent les circuits courts et mettent en avant la relation de proximité avec leurs producteurs.

... au point que ça tourne trop souvent au name dropping :

On ne compte plus les menus émaillés de « beurre Bordier » ou « légumes de Joël Thiébault » , mode de traçabilité parfois agaçante.

Le chemin du producteur au consommateur a été réduit à l'essentiel :

Certains cuisiniers se font même jardiniers — dans la lignée d'Alain Passard, qui troqua il y a dix ans la rôtissoire contre la sublimation du végétal, jusqu'à produire ses propres légumes. A Menton, Mauro Colagreco (Le Mirazur) cultive potager, jardin d'herbes et d'agrumes ; à Arles, Arman Arnal (La Chassagnette) est à la tête de deux hectares en bio. D'autres, prenant le chemin buissonnier de Michel Bras ou de Marc Veyrat, s'en vont cueillir les fleurs des champs, exhument dans l'assiette ail des ours ou pimprenelle. A Clermont-Ferrand, Xavier Beaudiment, chef du bien nommé Le Pré, nourrit son inspiration en ramassant des plantes sauvages. Trois cent cinquante espèces qui transforment ses plats en herbiers savoureux, bourgeons d'épicéa dans une glace, reine des prés avec du foie gras.

Les menus se "saisonnalisent" pas conséquent de plus en plus :

Collant au rythme des saisons, les cuisiniers sont de plus en plus nombreux à proposer un menu unique improvisé selon l'arrivage du jour.

... ce qui limite souvent le choix offert au client :

C'est d'ailleurs une des nouvelles règles du jeu culinaire pour le client : accepter de ne plus choisir, aller dîner presque les yeux fermés en faisant confiance au chef. Qui compose avec l'inspiration et les produits du moment. Ne craint plus de faire l'impasse sur les produits nobles pour revisiter abats ou choux de Bruxelles.

Cuisine, restos : qu'est-ce que nous mijote l'époque ? (telerama.fr, 12/10/2013)

vendredi 10 janvier 2014

Une jambe bionique contrôlée par la pensée

The Future of Prosthetics Could Be This Brain-Controlled Bionic Leg (Wired, 15/10/2013)

"About a year ago, Zac Vawter climbed all 103 flights of stairs of the Willis Tower in Chicago. On its own, this accomplishment would be pretty unremarkable, but Vawter, who lost his leg four years ago during a motorcycle accident, happened climb more than 2,000 steps while wearing a prosthetic leg. Even crazier yet? Vawter could control this prosthetic leg with his mind, sending instructions from his brain, down through nerves that would communicate with his mechanical limb."

Fonctionne par apprentissage :

So essentially, the neural impulses that are sent from the brain–the ones telling the body to stand, walk or change positions–communicate with the prosthetic leg through sensors, and a computer then translates those instructions into actions. Over time, an algorithm learns the patterns of a user’s intended actions and can begin to react to their thoughts, thus making a mechanical limb function intuitively or a least lot more like a normal human leg.

Un poids divisé par 30 en 10 ans (une pointe d'exagération peut-être ?) :

“All of the innovation will come to the electronics,” says Reinecke, adding that around 10 years ago the sensors and materials would have made a leg like this around 300 pounds. Today, thanks to lightweight materials like graphite and micro-technologies, the leg is around 10.2 pounds

mercredi 8 janvier 2014

Où se cachent les secondes ?

J'ai acheté le dernier numéro de Moto et Motards (je crois que ça ne m'était jamais arrivé, je ne dois pas être dans le coeur de cible) à cause d'un seul sujet, mentionné sur la couverture : "Qu'est-ce que le talent ? Poireau, confirmé, pro ... face à la télémétrie". Eh bien je ne regrette pas.
Quatre pilotes sont mis au guidon d'une BMW HP4 (200ch pour 200kg) équipée de ce qu'il faut pour faire du data logging sérieux, et font des tours chrono du circuit de Mireval. Parmi ces quatre là, le premier est connu, il s'agit de Sébastien Gimbert, champion de France Superbike 2009 et 2011, multiple vainqueur du Bol d'Or, des 24h du Mans moto, bref, un kivavite !
Le second (Stéphane) est un journaliste essayeur de la revue, le 3e (Hannes) un essayeur d'une revue belge, et le 4e (Pascal) est un poireau.
Les meilleurs temps de chacun à l'issue de toutes leurs séries sont respectivement de 1'16"9 / 1'21"8 / 1'30"0 / 1'46"9
Pour donner une idée de à quel point le dernier est vraiment un poireau, je dois tourner pour ma part, à Carole, à moto équivalente, à peu près 15" moins vite que les meilleurs sur un tour qui dure (pour eux) 1'. Là, il se prend 30", soit le double, sur un tour seulement 25% plus long. Bref, il se traîne bien comme il faut. Mais ce n'est pas le plus intéressant.

La 1e constatation, sans doute la plus frappante, concerne le freinage. Plus t'es bon, plus tu freines fort, et surtout plus tu passes de temps à freiner ...
Pascal (le "lent") ne dépasse pas 4 bars de pression de freinage, et reste même la plupart du temps sous les 2 bars. Sébastien Gimbert atteint lui jusqu'à 12 bars
Pascal passe seulement 10.4 secondes à freiner, Hannes 13.7, Stéphane 19.7 et Sébastien 21 secondes !

Si Gimbert freine plus longtemps, et plus fort, c'est évidemment parce qu'il accélère plus fort. C'est ainsi qu'il est à pleine charge (>90% d'ouverture de gaz) 16.7% du temps, contre 6.7% pour Stéphane, 0% pour Hannes (!) ... inutile de parler de Pascal qui, lui, passe 70% de son temps à moins de 30% d'ouverture des gaz, et même 95% du temps à moins de 50% d'ouverture.

Finalement l'angle maxi est le "marqueur" le moins pertinent. Sébastien et Stéphane font jeu égal (51° maxi, mais ce n'est pas le cas dans tous les virages), Hannes ne prend que 2° de moins, et même Pascal n'est pas (complètement) ridicule avec 40°

En regardant les courbes comparées de Sébastien et Stéphane, on a du mal à croire qu'à l'arrivée il y ait 5" d'écart au tour entre les deux. Pourtant ... La différence se fait surtout dans les transitions. Chez Gimbert, elles sont réduites au minimum. C'est soit gaz en grand, soit frein à toc ! Il passe ainsi 56% de son temps ON ou OFF, contre seulement 45% pour l'essayeur.

Bref, lecture de l'article conseillée à tous ceux qui sont suffisamment intéressés pour être arrivés jusque là ...